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Publié par blog813

Horreurs ordinaires et déjà vu

La télé est en rade et il pleut, zigouiller son voisin pour deux pintades à un dollar cinquante et cette pute de Jefferson qui, même mort prend de la place.

Tonton, ce qui le fait bander, c'est mes culottes en train de sécher, sauf qu'il oublie que c'est moi qui le torche.

Une vache morte est accrochée à un arbre, maman a un cancer et papa est enterré dans le jardin. Quand je baise avec Mary elle remet sa culotte tachée dans son sac à main.

Pour Pelham, un record, des blessures en descendant de l'avion, 24 h c'est sa guerre du Vietnam, Randall lui a moins de chance.

Cecil a un don, oui je crois, il est voleur l'autre don, la poésie.

Arrête-toi, il y a quelqu'un au bord de la route qui fait du stop, fais marche arrière, elle doit avoir froid et attention quand tu recules.

Un hollandais ce n'est pas un américain même pendant la guerre de Sécession, moi Coleman Younger sudiste compagnon de Quantrill et Jefferson avec mes compagnons d'armes, on passe le temps à trépasser ces salauds de nordistes.

 Catalogue d'horreurs ordinaires dans une société armée, dans les monts Ozarks, on ne rigole pas tous les jours, les nuits non plus, la misère, l'alcool, la bêtise comme culture, de la guerre de Sécession à aujourd’hui, les oubliés ne semblent avoir qu'un passe-temps, attendre à sa fenêtre un fusil à la main, une bouteille sous le siège, l'occasion qui fera le larron. Précis de décomposition d'une Amérique à plusieurs vitesses, le tout est de savoir, si c'est l'accélérateur ou le frein qui fait marcher la machine.

Manuel du hors la loi ; Daniel Woodrell; Rivages Thriller, 10-04-2013

Horreurs ordinaires et déjà vu

Deux flics Bonnot "Jules" et Desgranges "Ravaillac" ne s'aiment pas et pourtant forment un binome efficace du "36", il faut rajouter "Jeannot Lapin" le procédurier et Zoé qui cache son jeu, la petite nouvelle.

Un juge d'instruction est retrouvé mort, assassiné dans le Palais de justice.

Dès le chapitre trois, c'est l'assassin qui prend la parole. Dans ce palais il est chez lui, il cherche, il trouve, il assiste aux procès. Dans la famille depuis bien longtemps on exécute; déjà sous Louis XVI, pensez si je connais la maison !

La liste des assassinés va s'allonger, tous d'être abattus au cœur du Palais. Tout le monde se connait et pour la bonne ou mauvaise cause on se déteste ou on s'apprécie. L'assassin vient tous les jours c'est sûr, il est de l'intérieur. Et ces indices sur le lieux des meurtres, à chaque fois trois sucres de grandeurs différentes, des romans, de Gaboriau, Simenon, Verlaine, des repros de tableaux connus. Bon sang mais c'est bien sûr... Et cette nouvelle construction du TGI dans le quartier des Batignolles, doit bien en fâcher quelques uns.

Ce roman est un bon devoir, les flics sont convenus, un chef de groupe irascible, un second avec une vie perso qui déborde, la petite nouvelle qui cache ses secrets, l'avocat au physique avantageux et le patron qui bien sûr est corse. La fin un pétard mouillé, beaucoup d'agitation pour un résultat improbable et décevant.

L'auteur étant un officier du 36, sera-t-il le premier flic-romancier à nous faire découvrir le nouveau 36?

Le sang de la trahison; Hervé Jourdain; Fayard novembre 2013; Prix du Quai des Orfèvres 2014

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