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Publié par blog813

Une relation de Pierre-Michel Pranville

Ambiance morose pour la conférence avec Francisco José Viegas au Centre culturel portugais ce 7 janvier. Nos pensées allaient vers Charlie Hebdo et la rencontre lui était dédiée. Tous familiers de l’histoire du Portugal, un pays privé de liberté d’expression pendant 40 ans, nous ne pouvions qu’être hypersensibles au drame du matin. Quand j’ai retrouvé Francisco dans un café boulevard de La Tour-Maubourg, peu après 15 heures, devant nous, sur l’écran de TV, sont apparus les noms de Cabu, de Wolinski et des autres. Consternation partagée. Francisco connaissait bien Charlie et ses dessinateurs. Je lui ai raconté combien ces hommes-là ont compté pour moi qui avait 17 ans en 1968, et qu’ils m’ont accompagné toute ma vie, et aussi une rencontre avec Cabu. Francisco José Viegas qui a conservé une tribune quotidienne dans O Correio da Manha, un grand quotidien portugais du matin, a rédigé son billet du lendemain sur Charlie Hebdo avant de nous rejoindre au Centre culturel à 18 heures.   Et the show must go on. J’ai raconté l’histoire du roman policier portugais en rappelant que c’est une littérature, elle aussi, parfois impertinente. Viegas a parlé avec beaucoup d’humour de ses romans et comment il les écrivait. Et les étudiants de Paris 3 et de l’Institut Camões ont questionné le romancier sur son dernier conte policier qu’ils avaient étudié en cours. 

Le lendemain matin, hier, avec Denise, nous nous sommes rendus au siège de Charlie Hebdo pour une petite prière républicaine  : ambiance feutrée et recueillie, pas de curiosité morbide, mais un réel chagrin. Même les journalistes faisaient leur boulot avec discrétion, presque à voix basse.  Parmi les fleurs, les bougies, les petits mots et les couvertures de Charlie, il y avait une ... bouteille de Côtes du Rhône ! Drôle d’hommage qui aurait plu à nos chers irrévérencieux disparus, non ?

Pierre Michel

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