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Publié par blog813

Le panier de Jeanne

Marché du 9 janvier 2015

Inutile de faire semblant. Ce panier n’est pas « comme d’habitude » car c’est le cœur lourd que je l’emplis. Néanmoins, bien qu’il soit tapissé de noir, je vais le rédiger. En hommage à ceux tombés mercredi dernier sous les balles de meurtriers illuminés qui ont peur de dessins. Ce panier n’est pas une tribune politique (il y aurait beaucoup à dire sur les origines de la radicalisation à laquelle nous assistons). Il ne se veut pas non plus une larme ajoutée à l’ambiance compassionnelle obligée. C’est juste un hommage triste et respectueux aux talents disparus. Et si aujourd'hui les contributeurs sont parfois polémiques, c’est exprès. La diversité, toute la diversité, lorsqu'elle est respectueuse de la vie d’autrui, est ce qui fait vivre la démocratie. Et s’ils sont tous d’au-delà de nos frontières, devinez ? C’est fait exprès aussi ! Car au Moyen-Orient, en Afrique, on écrit, on lit, on critique. Avec beaucoup de talent. Pas nécessairement kalachnikov en mains

Le panier de Jeanne

Arab Jazz
Karim Mis
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Éditions Viviane Hamy 2012, Points Policier 2014

Par Hanane Jazouani
Karim Miské n’est pas d’origine marocaine mais connaît bien l’Afrique. Ce réalisateur de documentaire et écrivain est né en Côte d’Ivoire en 1964 d’un père mauritanien et d’une mère française. Il grandit en France et étudie au Sénégal.
Un héros marocain nommé Ahmed
Pourtant il existe bel et bien un lien entre lui et le Maroc : le héros de son premier polar est Français d’origine marocaine. Il s’appelle d’ailleurs d’Ahmed Taroudant et est âgé d’une trentaine d’années. Ahmed est le fils d’un musicien gnawa à peau noire et sa mère est la fille d’un cheikh soufi. « Ce choix de prendre pour héros un personnage marocain m’est venu d’une manière assez naturelle. Ayant un père mauritanien, j’ai toujours des membres de ma famille qui vont régulièrement au Maroc. Il existe entre ces deux pays une espèce de familiarité et de proximité qui a fait que j’ai eu vraiment envie que mon personnage principal soit du Maghreb », déclare Karim Miské, joint par Yabiladi. Pour ce qui est du choix du nom du héros, Ahmed Taroundant, l’auteur explique qu’un ami marocain lui a parlé à maintes reprises des beautés des villes du sud du Maroc et notamment de Taroudant. C’est ce qu’il lui a donné envie d’appeler son héros d’après la ville marocaine.
Micmac religieux réussi
En librairie depuis le 15 mars dernier, Arab Jazz n’est pas passé inaperçu dans la presse française. L’Express, le Point, les Echos, les Inrocks ou RFI sont là quelques-uns des médias qui ont émis des critiques positives sur le livre et qui invitent le lecteur à le découvrir sans plus attendre. Il faut dire que l’histoire est hors du commun et est vraiment d’actualité.
[…] lire la chronique complète sur « Yabilabi »

Le panier de Jeanne

L’Attentat
Yasmina Khad
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Julliard, 2005 ; Pocket, 2006.

Par Llewellyn Brown
L’auteur du roman L’Attentat [1], Yasmina Khadra — Mahmoud Moulessehoul, de son nom d’état civil —, ancien officier algérien, écrit en français. Ses romans sont traduits dans dix-sept pays et ont été récompensés par de nombreux prix (entre autres, en 2006, le Prix des libraires et le Prix Tropiques). Les éditeurs de L’Attentat font valoir la caution du prix Nobel J. M. Coetzee, qui « voit en cet écrivain prolifique un romancier de premier ordre ». Nuançons : l’histoire se lit bien et l’intérêt du lecteur est soutenu du début à la fin, mais les nombreuses tournures stéréotypées n’apportent rien au style du texte. En revanche, son thème — celui du terrorisme arabo-musulman dirigé contre les habitants d’Israël — et son large lectorat justifient que nous nous y arrêtions pour réfléchir aux questions qu’il soulève.

L’histoire

Amine Jaafari est un chirurgien israélien résidant à Tel-Aviv : un Arabe dont la vie — malgré certains heurts révélant la difficulté qu’un Arabe peut rencontrer pour s’intégrer à une société à majorité juive — témoigne d’une réussite sociale accomplie et d’une intégration exemplaire. Cette vie heureuse est bouleversée le jour où il apprend que sa femme, Sihem, est l’auteur d’un attentat suicide dans un restaurant. Amine n’éprouve aucune sympathie pour de tels actes et n’avait pas décelé, chez sa femme, le moindre signe suggérant qu’elle s’était alliée aux extrémistes. Il cherche alors désespérément à savoir où se trouvait la faille dans leur couple.
La problématique qui fait le nœud central de ce roman est du plus grand intérêt : elle porte sur cette étrangeté absolue qui surgit au sein de la vie intime. Cet événement représente une vraie remise en question que le personnage tente, tant bien que mal, d’assumer. En tant que citoyen israélien, il aborde la violence arabe de l’extérieur, ne subissant aucune « conversion » à la « cause » des ennemis irréductibles de tout ce qu’il a construit au cours de sa vie. On peut donc s’attendre à une analyse lucide et honnête du terrorisme, à partir de la subjectivité du personnage central.

[…] lire la chronique complète sur " MetulaNews "

Le panier de Jeanne

L’assassinat d’Hicabi Bey
Alper Canig
üz, traduit par Célin Vuraler
(Ogullar ve Rencide Ruhlar, 2004), Mirobole Éditions, 2014.

par Yann Lespoux

À cinq ans bien sonnés, Alper Kamu sent bien que la vieillesse et la décrépitude le guettent.
« À l’approche de mon anniversaire, j’ai passé le plus clair de mon temps posté à la fenêtre, à observer les gens au-dehors. Ils traversaient la vie tantôt accélérant, tantôt ralentissant, et émettaient toutes sortes de bruits, le regard sans cesse en mouvement. J’étais malade à l’idée qu’un jour je deviendrais l’un d’eux. Malheureusement, il n’y avait aucune autre issue possible ; le temps s’écoulait, inexorable, et je vieillissais vite. »
Admirateur de Chostakovitch, aimant à lire Nietzche pour rigoler un peu, Alper est un enfant un peu particulier qui aime aussi jouer au foot dans son quartier d’Istanbul et n’hésite pas à tenir tête à des grands de sept ou huit ans s’il le faut. Lorsqu’il découvre le cadavre de l’un de ses voisins, l’ancien policier Hicabi Bey, et que la police pense tenir le coupable en la personne d’Ertan le Timbré, l’idiot du quartier retrouvé sur les lieux du crime, Alper, armé de son pistolet en plastique, décide de mener l’enquête et, au passage, de reprendre sa vie en main.
[…] lire la chronique complète sur « Encore du Noir »

Le panier de Jeanne

Notre quelque part
Nii Ayikwei Parkes traduit par Sika Fakambi
Editions Zulma, 2014


par Alain Mabanckou, (écrivain franco-congolais)
En cette rentrée littéraire de début d'année, un livre m'a émerveillé tant par son écriture que par le regard porté par l'auteur sur les mythes et les légendes des sociétés de l'Afrique de l'Ouest. Nii Ayikwei Parkes, né au Ghana en 1974, publie ainsi un premier roman, Notre quelque part, dont les hardiesses du style le classent d'emblée parmi la lignée de nouveaux auteurs de talent venant principalement du Nigeria comme Helon Habila, Chimamanda Ngozie Adichie ou Uzodinma Iweala. Le roman a été finaliste du prestigieux Commonwealth Prize.

Notre quelque part s'articule autour de deux personnages narrateurs. D'abord Kayo Odamtten, un jeune scientifique débarqué de Londres, empreint d'une logique professionnelle européenne rigoureuse, mais très respectueux des traditions locales. Ensuite le forestier Yao Poku, féru de chasse et par ailleurs grand amateur de vin de palme - savourez donc le clin d'oeil à L'Ivrogne dans la brousse, de Tutuola ! Médecin légiste, Kayo Odamtten travaille dans un laboratoire de contrôle d'Accra quand il est recruté par l'inspection générale de la police pour enquêter sur un meurtre énigmatique qui aurait été perpétré dans le village de Sonokrom. Proche des villageois, contrairement aux policiers, qui les ont confortés dans le silence, Kayo, au fil d'investigations scientifiques et de discussions avec le féticheur Oduro et Yao Poku, cherche à élucider la découverte macabre que vient de faire une jeune femme dans la case d'un certain Kofi Atta.
[…] lire la chronique complète sur « Jeune Afrique »