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Publié par blog813

Continuons la découverte des romans sélectionnés au premier tour des trophées 2015. Pour vous, à l’ombre dans mon panier, trois romans étrangers ainsi que le premier des ouvrages de la sélection pour le prix Maurice Renault récompensant essai, étude, article de presse, magazine, blog… dédiés au polar.

Le Panier de Jeanne

Kobra
Deon M
eyer traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Estelle Roudet.
Le Seuil 2014

par Morgane
Vous le savez, quand j’hésite, je reviens vers mes classiques, ceux qui ne me déçoivent pas ou rarement. Et donc, si le nouveau Deon Meyer arrive, je ne me pose pas vraiment de questions et je le lis. Et c’est exactement ce que je demandais.
Dans une guest-house, trois corps sont retrouvés, assassinés de matière méthodique, des pros tués par des pros. Un quatrième homme a disparu. Qui était-il et pourquoi devait-il être protégé ?
Pendant ce temps, Tyrone Kleinbooi continue de voler tout ce qu’il peut aux touristes qui passent. Il a besoin de cet argent pour payer les études de sa sœur et pickpocket est le seul métier qu’il a appris. Alors qu’il est arrêté pour un énième larcin, tout tourne mal ; la victime disparaît et les gardes de sécurité qui le retiennent sont tous abattus. Qu’a-t-il pris qui avait assez de valeur pour provoquer tant de morts ?
Dans Kobra, on retrouve Benny Griessel. Toujours sobre, toujours en couple avec Alexa, un jour à la fois, ses problèmes ne sont que des problèmes normaux. Jusqu’à ce que ces crimes soient commis et que tout se complique à nouveau.
Lire la suite et les autres chroniques sur le blog « Carnets noirs »

Le Panier de Jeanne

Hérétiques
Leonardo Pad
ura
Métailié noir 2014

par Coline Huguel

Ah, quel bonheur de retrouver ce cher Mario Conde ! Plongé jusqu’au cou dans ses difficultés financières (le marché du livre ancien est plus qu’aléatoire) et ses interrogations amoureuses (doit-il affronter ses peurs et demander la main de la belle Tamara ?), il va être abordé par un « mastodonte aux cheveux noués en queue de cheval », fils d’une mère cubaine et d’un père polonais se revendiquant du « parti des mangeurs de haricots noirs et de yucca en sauce ». Cet homme, envoyé par son ami Andrés, le plonge dans son histoire familiale et dans un passage peu glorieux de l’histoire de Cuba, celle du SS Saint-Louis. En 1939, ce navire arrive aux abords de la Havane chargé d’un petit millier de Juifs fuyant le régime nazi. Après plusieurs jours de négociations, de magouilles et de promesses non tenues, le bateau est renvoyé avec tous ses passagers vers l’avenir malheureux que l’on connaît. Parmi ces voyageurs se trouvait une grande partie de la famille Kaminsky, persuadée de pouvoir se sortir de ce mauvais pas car transportant un tableau de très grande valeur. Sur le quai, le tout jeune Daniel attend avec anxiété que ses parents et sa sœur descendent du bateau et le rejoignent. Hélas… Ce n’est pas animé par un désir de vengeance que le descendant de Daniel Kaminsky vient trouver Mario Conde, mais bien pour essayer de comprendre comment et pourquoi ce fameux tableau, le sésame qui aurait dû sauver la vie de sa famille, se retrouve dans une vente aux enchères à Londres ! Peinte par Rembrandt, cette étude préparatoire à la réalisation des Pèlerins d’Emmaüs représente le buste d’un jeune homme ressemblant au Christ. Il n’en faut pas plus à Padura pour nous faire faire un saut dans le temps et nous ramener en 1643 à Amsterdam, sur les pas d’Elias Ambrosius, jeune juif peintre dans l’âme… et surtout dans l’ombre (la peinture est une activité totalement interdite chez les juifs !), qui ne rêve que d’une chose : devenir un des élèves du grand maître, le génial et extraordinaire, mais néanmoins controversé, Rembrandt Harmenszoon van Rijn.[…]
Lire la chronique complète et les autres sur le site « Page des Libraires »

Le Panier de Jeanne

Une Terre d’Ombre
Ron R
ash
Le Seuil 2014

par Christophe Laurent
Les Blue Mountains, au coeur des Appalaches, en Caroline du Nord. Hank Shelton est revenue de la Grande Guerre avec une main en moins mais une détermination sans faille pour faire de sa ferme, au coeur d'un vallon présupposé maudit, un modèle. Sa jeune soeur Laurel, affublée d'une tâche de naissance qui l'a fait passer pour une sorcière, s'occupe des tâches ménagères. Tous deux sont à l'écart de la société rurale de Mars Hill. Mais quand un inconnu, joueur de flûte muet, arrive chez eux, c'est un bouleversement. Plus rien ne sera pareil. Avec Une terre d'ombre, Ron Rash poursuit son étude de moeurs de l'Amérique rurale du XXe siècle, continue à scruter les ondes de la guerre, quelle qu'elle soit, dans la société civile. Splendide peinture noire qui ancre un peu plus cet auteur poète comme une très grande voix de son pays.
Ron Rash a un véritable scanner au bout de sa plume, révélant, comme peu d'auteurs y parviennent, la psychologie complexe mais délicate de ses personnages. En quelques mots, dans un roman de 243 pages, il pose avec une finesse unique les failles des hommes, leurs désirs aussi. Hank et Laurel (encore une famille Shelton !) sont deux êtres blessés. Lui, physiquement par la Grande Guerre en France. Elle, psychologiquement, par le regard des autres. La terre d'ombre du titre, c'est celle que leur ont légué leurs parents, cette ferme dans un vallon où l'on accède après avoir passé un arbre orné de colifichets destinés à chasser le mauvais oeil. […]
Lire la chronique complète et les autres sur le site « Livres Connection » le blog des Livres de Nice Matin

Le Panier de Jeanne

Krimi, une anthologie du récit policier sous le IIIème Reich
Vincent PLAT
INI
Anarchasis 2014

par Christophe Bérurier

Alors que la France et ses alliés de soixante-dix ans ont fêté l’anniversaire du débarquement sur les plages de Normandie, l’autoproclamé voyoutologue Vincent Platini nous offre l’occasion de découvrir tout un pan de la culture allemande ignoré jusque là par la critique et l’histoire. La littérature de masse rescapée des autodafés nazis.
Enseignant-chercheur à la Freie Universität de Berlin et docteur en littérature, l’auteur de cette anthologie propose un travail résolument nouveau. D’abord de par sa richesse. L’ouvrage est une anthologie du récit policier dans l’Allemagne aux mains d’Hitler et de sa bande. Le Krimi (kriminalroman, récit policier) constituait une littérature du divertissement, un divertissement de masse. D’abord ignoré par les autorités nazies car vu comme trop ringard, il peut être simultanément récupéré par le pouvoir pour montrer l’efficacité de la police du Reich, et transfiguré en acte de résistance depuis l’œil du cyclone nazi par des auteurs de l’opposition qui eux, n’ont pas quitté le pays. Les textes choisis sont riches et divers, complexes et profonds.
Vincent Platini propose aussi un ouvrage exigeant, qui tire le lecteur vers le haut. En effet, chaque récit est accompagné d’un bref texte explicatif où l’on trouvera les éléments nécessaires à la compréhension du contexte historique allemand. De même, la savante introduction générale présente la place du Krimi dans l’édition et la société allemande du temps. Ce qui fait l’exigence de cet ouvrage, ce sont ses multiples lectures. Ces Krimi et l’appareil critique qui les accompagne satisferont à la fois les amateurs de polar et les historiens de tous poils. Ces textes peuvent être lus à la va-vite ou avec l’œil de l’expert en polardise, en intellectuel de la Sorbonne ou en amoureux du nerveux moustachu. L’auteur a même poussé le vice jusqu’à faire paraître quelques jours après cette anthologie son pendant théorique qui montre bien que l’homme connaît son affaire : Lire, S’évader, Résister, Essai sur la culture de masse sous le Troisième Reich (La découverte). Enfin, ces Krimi peuvent permettre de découvrir la littérature allemande par la petite porte. Ces textes semblent un bon moyen de contrebalancer le poids des mastodontes à la Gunther Grass ou Bertolt Brecht et ainsi d’élargir ses connaissances. Avec ces deux ouvrages, le lecteur n’est pas pris pour un bleu-bite ni pour un intellectuel germanopratin, c’est assez rare pour être mentionné.[…]

Lire la chronique complète et les autres sur le site « Le Nouveau Cénacle »

Petit rappel : les adhérents 813 ont composé eux-mêmes la sélection à partir de leurs lectures de l’année. À eux maintenant, de faire le choix définitif au sein de cette première sélection.
Que cela n’empêche pas les non adhérents de découvrir ces romans. S’ils sont là, c’est qu’ils ont été appréciés. Et puis, visiteur occasionnel : adhère. Ainsi tu pourras, l’an prochain, défendre tes coups de cœur