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Publié par blog813

Continuons la découverte des romans sélectionnés au premier tour des trophées 2015.
Petit rappel : les adhérents 813 ont composé eux-mêmes la sélection à partir de leurs lectures de l’année. À eux maintenant, de faire le choix définitif au sein de cette première sélection.
Que cela n’empêche pas les non adhérents de découvrir ces romans. S’ils sont là, c’est qu’ils ont été appréciés. Et puis, visiteur occasionnel : adhère. Ainsi tu pourras, l’an prochain, défendre tes coups de cœur ! (C’est bien pour ça que la chronique sur Des Forets et des Âmes est signé « Jeanne ». C’est MON coup de cœur ! Na ! Et pis Elena, c’est ma copine, mais si son bouquin était mauvais, je ferais un silence pudique dessus, alors que là je clame haut et fort qu’il est excellent. Re Na !)
Dans ce panier, des nouveaux contributeurs aussi. Ah, ces passionnés, on en découvre toujours davantage ! Bonheur du partage.

Le panier de Jeanne

Aux Animaux la Guerre
Nicolas Mathi
eu
Actes Sud 2014

par Laurent Greusard
Il y a quelques années en arrière, les journalistes faisaient grand bruit avec plusieurs écrivains américains nés ou vivant à Missoula, et parlaient même de la création d'une "école littéraire", un peu comme si l'exotisme portait à cette ouverture d'esprit face aux Français si coincés et si restreints. Après Pierre Pelot et Johan Heliot, débarque dans le paysage local un nouvel écrivain de polars vosgien. La thématique et l'intrigue pourrait d'ailleurs rappeler les œuvres de Pierre Pelot : sens de l'espace montagnard, randonnées en voiture sous la neige, description fine, sociologique mais vivante des petites gens, rudesse des cœurs et des peaux qui correspond à la rigueur du climat, personnages cernés avec soin mais marginaux et décalés, à la recherche d'une normalité introuvable.
Dans ce récit, quelques figures émergent du décor : une usine de sous-traitance automobile, l'une des dernières mais proches de la fermeture. D'un coté, Martel un syndicaliste, pris dans la tourmente des dettes et des petits arrangements et son ami Bruce. De l'autre, une inspectrice du travail. Face à eux, des patrons parisiens venus "nettoyer" l'entreprise, des gangsters qui décident de se faire la guerre par "péquenots" interposés et une prostituée pris entre deux feux.
Tout commence donc avec les dettes de Martel. Afin de les rembourser il a d'abord joué avec l'argent du CE. À présent, il se tourne vers des petits truands qui lui prêtent une certaine somme en échange du kidnapping d'une prostituée. Mais, celle-ci réussit à s'enfuir et est dépannée par l'inspectrice du travail.[…]
Lire la chronique complète et les autres sur K-libre

Le panier de Jeanne

Des forets et des âmes
Elena Piacenti
ni
Éditions Au-delà du raisonnable 2004

par Jeanne Desaubry

Pierre-Arsène Leoni, commissaire corse égaré à Lille, est un homme de fidélités. On l’a vu souffrant mille morts dans les romans le mettant précédemment en scène. Perte de son amour, craintes pour sa grand-mère et sa fille… Taiseux, solide, intuitif et bosseur, Leoni incarne un personnage aux antipodes du flic dépressif et alcoolo, et s’il affronte des cinglés, ceux-ci gardent une dimension abordable. Pas de psychopathe dont les victimes formeraient de tristes troupeaux…Ses adjoints, sa maîtresse et sa famille restreinte représentent pour cet homme l’alpha et l’oméga de ses assises affectives et intellectuelles.
Aussi, Leoni se sent touché quasiment dans sa chair quand Aglaé Cimonard, dite « Fée », la spécialiste informatique de son équipe, se trouve gravement blessée, renversée par une voiture qui a pris la fuite. Se rendant chez son adjointe pour rapporter quelques affaires à la jeune femme plongée dans le coma, Leoni découvre que les lieux ont été visités. Il comprend que le hasard ou la malchance n’ont rien à voir avec ce qui devient donc une tentative d’homicide.
Fée, jeune femme d’origine asiatique exemplaire de discrétion, fuyant les contacts, cache de lourds secrets dans son passé. Malgré sa répugnance à violer l’intimité de la jeune femme, Leoni et ses gars vont décortiquer la vie de leur collègue pour comprendre.
L’enquête va les mener sur les pas discrets de la jeune enquêtrice, et dans le sillage laissé par ses déplacements dans les Vosges pendant quelques jours de vacances. Ils vont mettre au jour des événements étranges, dont la disparition de trois patients d’un centre pour jeunes en difficultés. Mathieu, Lucas, Juliette, dont l’incipit raconte le passé poignant. .[…]
Lire la chronique complète et les autres sur le blog de Jeanne

Le panier de Jeanne

Commençons l’examen de la sélection des romans étrangers.

911
Shannon Bur
ke
Sonatine Editions

par Yan

« Nos voisins de Manhattan ont des boulots, ils votent, ils paient leurs impôts. Les gens qu’on a ici, c’est de la racaille. Des parasites. Et dès que quelqu’un essaie de les aider, ils se mettent à hurler, jamais un merci. Je leur souhaite tous de crever. Je leur souhaite tous de se prendre une putain de balle dans le foie et de crever de la mort la plus douloureuse qui soit. Mais s’ils souffrent, s’ils sont mes patients, je les soignerai mieux que Verdis. […] Ma façon de voir les choses, c’est que, pour préserver l’objectivité et la distance professionnelle qui s’imposent, le mieux pour un ambulancier, c’est de détester ses patients. »
Quand, au début des années 1990, le jeune Ollie Cross, recalé à l’examen d’entrée en fac de médecine trouve un travail d’ambulancier et se trouve affecté à la station 18, sur la 136ème rue, au cœur de Harlem, il pénètre dans un monde effarant à plus d’un titre. D’une part parce que l’extrême pauvreté de ce ghetto en fait un lieu d’une violence extrême prompte à se retourner contre tout représentant d’une quelconque autorité officielle, secouristes compris. D’autre part parce que les ambulanciers expérimentés qui l’accueillent oscillent entre un recul frisant l’indifférence, à l’image de Rutkovsky, l’équipier d’Ollie, une agressivité et un racisme assumé comme LaFontaine, ou une empathie peut-être trop importante pour Verdis. […]
Shannon Burke, qui a lui-même exercé le métier d’ambulancier à New York, propose ici une sorte de chronique du quotidien d’Ollie Cross faite de scènes saisissantes, bien souvent extrêmement crues et violentes sans pour autant virer dans le voyeurisme ou la provocation gratuite, et qui, surtout, montre l’emprise de ce métier sur la vie de ceux qui l’exercent.
Lire la chronique complète et les autres sur le blog Encore du Noir

Le panier de Jeanne

L’Île du Serment
Peter M
ay
Rouergue Noir 2014

par « les liseuses de Bordeaux »
[…]Sime – prononcer Sheem – Mackenzie, officier de police à la Sureté de Québec est envoyé sur l’île d’Entrée pour enquêter sur le meurtre d’un homme. Comme souvent avec Peter May, le chapitre d’ouverture expose rapidement la situation. Mais au fil du roman, la vie des personnages prend le pas sur l’enquête au point que le lecteur prête autant d’intérêt à leur histoire qu’à l’enquête policière. Dans L’île du serment, l’auteur nous plonge au plus profond des tourments de Sime : sa difficile reconstruction après l’échec de son mariage, ses retrouvailles avec sa sœur, ses relations ombrageuses et distantes avec ses collègues.
Dépressif et insomniaque, Sime se remémore les histoires que lui contait sa grand-mère et qui mettaient en scène une Kirsty étrangement ressemblante avec l’épouse de la victime : rêves d’enfance ou hallucination ? Outre le fait qu’elles tiennent le lecteur en haleine, elles sont un outil permettant à Peter May de remonter le temps jusqu’au 19ème siècle où des paysans écossais furent chassés de leur terre par des propriétaires terriens profitant d’une famine pour se constituer de plus grands domaines. Affaiblis, les paysans étaient embarqués de force sur des navires pour le Canada, où rien ni personne ne les attendait. Ce sont ces déplacements de population violents et tragiques – les Highland Clearances – que Peter May décrit, faisant raconter son histoire à la première personne par un jeune paysan déplacé au Canada. Le lecteur est transporté dans le quotidien de ce jeune homme et vit au jour le jour l’expulsion, le transport pour le Canada dans des conditions insalubres et l’arrivée en terre inconnue. Et les solidarités qui se créent au fil des rencontres.
Lire la chronique complète et les autres sur le blog Les Liseuses de Bordeaux