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Publié par blog813

[le billet] 70 ans après...

  Cette “Marianne” là ne représente pas encore la République. Elle court sur la route les pieds en sang. “Les libérateurs” lui collent aux fesses. On est en août 44.

  En août 2015 la capitaine Garance Calderon roule trop vite avec son 4x4. Un homme mort l’attend auprès d’un lac.
  Tout ce que l’on voit dans ce paysage appartient au Marceau depuis des décennies.
  Il y a bien la maison vendue à Azem, ça fait si peu de temps...
  En 44, on tond même les petites filles. On a la vengeance qu’on peut.
  Marianne, dans sa vie d’enfant, avait un caractère plus fort que tout, elle se retrouvera dans la ferme de sa mère.
  Azem était prof et ce qu’il enseignait ne plaisait pas à tout le monde.
  Chez les Marceau d’aujourd’hui,  les fusils de chasse sont  accrochés au dessus de la porte chacun le sien, pour la mère, c’est la télévision.
  On reproche à Marianne la “collaboration horizontale”. Marianne disparait à jamais avec un officier allemand, Hanz.
  Calderon a mis les mains dans la pire chose de la deuxième guerre mondiale, la collaboration et dans ce roman, on est dans le pire. Les Marceau sont dans le fond du fond. De 44 à 2015 le silence est le bienvenu. On comprend mieux quand on connait la fin...
  Cette affaire bouleverse Calderon. Dans sa jeunesse, elle aussi a été touchée comme cette Marianne. Cela va-t-il la faire avancer dans cette affaire au milieu de cette nature qu’elle accapare ? 
 
 Soixante dix ans après, il en reste quelques uns. Ils veulent bien raconter. Ce sera la même chose qu’en 44. Le silence ou presque. Cette affaire fait frémir. On ne s’y attend pas. Belle réussite que ce roman. Combien de ces histoires trainent encore et combien d’ensevelies à jamais.
 
Et ils oublieront la colère ; Elsa Marpeau ; ED. Gallimard, Série noire, avril 2015 
 

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