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Publié par blog813

Marché du 16 juillet 2016
En ces lendemains d’attentat ou de putsch on pourrait trouver frivole de s’intéresser au polar. Je prétends que non. Lire rend plus intelligent, et la littérature noire est profondément humaniste, aussi sombre soit-elle. Alors, nos trophées 2016 ayant pris le tournant du premier tour, je vous invite à vous pencher sur ceux des nominés que vous ne connaitriez pas encore.
Une sélection de billets par Pierre Faverolle, assaisonnés de mon grain de sel et un seul mot d’ordre. LISEZ !
Un seul regret pour moi, aussitôt étouffé par la sacro sainte devise « Vox populi, vox dei » : pas de petite maison dans la sélection, à l’exception du roman d’Antonin Varenne mais déjà repris en poche. Est-ce à dire que nos ziens ne se seraient pas aventurés en dehors des sentiers battus en 2015?

Panier des trophées, de Jeanne et Pierre

Battues
Antonin Varen
ne
Editions Ecorces 2015 Poche 2016

par Agnès Karinthi
La dernière fois que je suis allée voir mon libraire, je lui ai demandé de me conseiller un « bon » polar. Il m’a tendu sans hésiter Battues, en me disant que je ne serais pas déçue.
L’intrigue se joue quelque part dans les profondeurs d’une France reculée. Là où les gens votent FN sans jamais avoir vu d’immigré, où la terre vaut de l’or et où les secrets les plus glauques sont enfouis sous les dents des charrues et les grumes qui s’empilent au bord des routes forestières, depuis des générations. Deux familles du village de R. se disputent les richesses du pays, les Courbier et les Messenet. Une haine ancestrale lie les hommes de père en fils. Les petits paysans du coin ont courbé la tête depuis longtemps. Tous, sauf Rémi Parrot, le garde forestier. L’accident qui a failli lui coûter la vie à l’adolescence l’a également détourné de sa destinée : invalide, défiguré, Rémi Parrot a découvert la lecture durant les deux années qu’il a passées à l’hôpital, au lieu de sombrer dans l’alcool comme tous ses congénères.
Une paix relative règne au village, jusqu’à ce que Michèle Messenet y revienne après de longues années d’éloignement. Rémi, l’homme que personne n’est capable de regarder en face sans frémir d’horreur, aime Michèle qui le lui rend bien. C’en est trop pour Didier Messenet, le frère, ainsi que pour Thierry Courbier qui souhaite l’épouser. S’ajoute à ce mélodrame un projet immobilier pourri découvert par un militant écologiste, ami de Rémi. Il n’en faut pas plus pour embraser le pays. […]
Lire la chronique complète et les autres sur le site d’Agnès Karinthi

Panier des trophées, de Jeanne et Pierre

Le Chemin s’Arrêtera Là
Pascal Dessai
nt
Rivages / Thriller 2015 poche 2016

par Mireille
Sur une côte nordiste fantomatique, des hommes survivent au jour le jour, hantés par un passé mortifère. Mais qui sont ces laissés-pour-compte de notre époque, qui semblent camper dans un temps suspendu ? Des êtres qui, derrière l’apparence de normalité qu’ils essayent de préserver, ont été broyés ou souillés, à l’image du pays qu’ils habitent, marqué par les stigmates d’une industrie lourde moribonde et d’une nature qui reprend ses droits, de plus en plus inquiétante.
Pascal Dessaint a sans aucun doute un très grand sens de l’observation. Sa passion pour l’ornithologie n’est peut-être pas étrangère à ce don et cela se sent dans les descriptions qu’il fait des lieux et des hommes. Il a sans doute également suffisamment de cœur pour aimer ses personnages et les comprendre. Si tel n’était pas le cas, cet opus serait imbuvable de noirceur, hors il n’en n’est rien. […]
Lire la chronique complète et les autres sur le site de la polardeuse

Panier des trophées, de Jeanne et Pierre

Adieu Lili Marleen
Christian Ro
ux
Rivages / Thriller 2015

par Bob
[…]Julien est un loser, c'est un raté qui rêvait d'une place de concertiste. Alors, dans sa galère il ne trouve comme substitut que le plaisir du jeu. C'est chez des friqués qu'il va perdre au poker ce qu'il n'a pas et l'emprunter à Kamel qui va ainsi le tenir en laisse. Sortant de taule, il trouve refuge au rez-de-chaussée de l'appartement de Anna et dans le resto de Jean-Marc où il pianote pour couvrir les slurp des clients et le brouhaha de la salle. Comme il est à la dèche, il est ravi quand Magalie de Winter, cette courtoise habituée d'un certain âge, lui refile 20 balles pour jouer « Lili Marleen ». Mais lorsque le dangereux Kamel de la cité, à qui il doit des thunes, lui suggère de la fermer et de grimper sur un yacht de luxe, ça sent le roussi à plein nez. Il va faire la connaissance de Max l’accordeur et à partir de là c'est plus le roussi que ça sent mais une forte odeur de sang répandu.
Un bouquin qui débute en évoquant Goodbye Pork Pie Hat et Portrait of An Ermite ça donne le la. Monky est au piano. Monky c'est le surnom de Julien. Il est le narrateur de ce récit, se déroulant de nos jours, qui va nous transporter dans les années sombres d'une Allemagne mugissante qui, en brandissant la censure, va amorcer son ignoble concept de race aryenne. Ainsi, ce roman est un plaidoyer pour ces compositeurs, interprètes et organisateurs de concerts qui ont subi la répression – par l'exil ou l'internement - mise en œuvre par le IIIe Reich à partir du début des années 1930 (Réf. citée par l'auteur : Entartete Musik : Les voix étouffées du IIIe Reich - Amaury Du Closel). Les lecteurs mélomanes seront aux premières loges. […]
Lire la chronique complète et les autres sur le site Bob Polar Express


Panier des trophées, de Jeanne et Pierre

Pukhtu
D
OA
Série Noire 2015

par Yann
Ambitieux roman-fleuve sur la guerre en Afghanistan, Pukhtu, dont le premier [gros] volume a paru cette année en attendant une suite en 2016 s’annonce d’ores et déjà comme un grand roman noir géopolitique du genre à venir taquiner sur leur terrain les Don Winslow de La griffe du chien et autres Robert Littell.
Prolongement du déjà touffu Citoyens clandestins, Pukhtu est un roman qui combine polar, espionnage, géopolitique, drame, aventure, guerre et même romance. DOA, comme tout bon romancier, a bien compris que ce sont les hommes qui font l’Histoire au même titre que celle-ci vient les façonner, qu’ils soient au sommet de l’État ou le nez dans, au choix, la poussière, le sang, les dossiers ou une petite montagne d’héroïne. Et si cet Afghanistan de 2008, bourbier dans lequel s’empêtrent les Occidentaux tandis que les talibans gagnent du terrain, est au centre du roman, des fils se tirent, mondialisation oblige, vers le Kosovo, la France, les États-Unis, l’Iran, la Côte d’Ivoire, la Chine ou Dubaï.
Entrainés dans ce tourbillon d’un monde qui semble exploser, les personnages de DOA, Fox le mercenaire sans patrie désormais, ses camarades de Longhouse, compagnie privée au service de la CIA, Amel la journaliste française, Sher Ali Khan le contrebandier qui rejoint les rangs des insurgés talibans, Peter Dang le reporter canadien, Thierry Genêt l’homme d’affaires expatrié en Afrique, Storay la prostituée défigurée ou le mystérieux et dangereux enfant à la fleur, incarnent tous un point de vue. Des points de vue qui convergent, qui se heurtent, qui s’opposent et qui font apparaître toute la complexité d’un monde interconnecté dans lequel on tue autant avec des machines qu’avec des poignards ancestraux et des hommes et des femmes qui, quel que soit leur camp, ne sont ni noirs ni blancs. Un monde gris avec lequel il faut bien vivre et dans lequel, pour nombre de ces personnages, il s’agit avant tout de survivre. […]
Lire la chronique complète et les autres sur le site Encore du Noir

Panier des trophées, de Jeanne et Pierre

Une Plaie Ouverte
Patrick Pécher
ot
Série Noire / 2015

par Charybde
Publié en septembre 2015 dans la Série Noire de Gallimard, le neuvième roman de Patrick Pécherot restitue à la perfection ce Paris populaire, ouvrier, bohème ou canaille qui faisait déjà une bonne partie du charme particulier de sa trilogie des « Brouillards », en y insufflant la résonance spécifique que peuvent produire, entrechoqués avec brio, la Commune, l’industrie naissante du divertissement industriel, et Arthur Rimbaud.
Traquant le souvenir et la résurgence d’un ex-ami, disparu sans laisser de traces après la Commune à laquelle il avait activement participé, et les traquant, fût-ce par détective Pinkerton interposé, jusque dans les plis d’images improbables arrachées aux hasards des balbutiements de la photographie et du cinéma, jusque dans les shows du Wild Wild West et de ses concurrents de moindre envergure, jusque dans les bribes de communautés utopiques semées aux coins des vastes plaines américaines, un Communard amnistié, des années plus tard, revit ces moments fondateurs désormais enterrés sous les mensonges, les révisionnismes et les réécritures.
C’est là, quai de la Mégisserie, que Marceau avait trouvé les photos. Les tirages papier commençaient à remplacer les plaques sensibles. C’était il y a des siècles. Parmi les vues de Paris et les roses de Redouté, des planches édifiantes : la Commune en images…[…]
Lire la chronique complète et les autres sur le site Charybde 27