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Publié par blog813

Honneur aux traîtres

 


Les traducteurs ont leur abbaye de Thélème: l'ancien hôtel-Dieu d'Arles qui abrite le Collège international des traducteurs littéraires. Délibéré vous y emmène cette semaine, sous la conduite de Denise Laroutis et de Hugo López Araiza Bravo. Clou de la visite, une controverse linguistique, bien sûr: comment traduire fuck en espagnol? Ils s'y sont mis à trois, une Argentine, une Espagnole et un Mexicain, chacun proposant sa version d'un texte truffé d'argot de l'écrivain américain Douglas Preston. Trois versions aussi savoureuses qu'irréconciliables, à lire et à écouter. Avec, pour mettre tout le monde d'accord, une quatrième version, collective, en espagnol "neutre". Et bien sûr, une version en français, pour permettre à tous nos lecteurs de s'y retrouver!

Un autre traducteur, René Solis, revient pour sa part sur la mort de l'écrivain mexicain Antonio Sarabia. Moins connu que son confrère espagnol Juan Goytisolo, disparu comme lui le week-end dernier, Sarabia est l'auteur d'une œuvre singulière, qui traverse tous les genres romanesques. René Solis, qui a traduit en français son dernier roman, La Femme de tes rêves, publié il y a quelques semaines aux éditions Métailié, évoque l'intimité singulière qui lie un traducteur à un écrivain.

Notre ami Bernard daguerre a tenu à nous faire remarquer ceci :

Bonjour,

 
Dans le même journal en ligne, Délibéré donc, on trouve la traduction du même Robert Solis d’une série de vignettes écrites par Ignacio Taibo II. Elles concernent le grand écrivain argentin Rodolfo Walsh, journaliste, auteur de nouvelles policières dans les années cinquante, éditeur, militant politique exilé à Cuba, revenu en Argentine dans les années 1960. Militant politique dans le mouvement Montoneros, il fut tué par les sbires de la junte militaire aux premiers temps de la dictature, les armes à la main. Son corps n’a jamais été retrouvé.
 
Il est aussi l’auteur d’Opération Massacre traduit chez Christian Bourgeois en 2010 qu’on a souvent comparé à De sang --froid de Capote. Écrit en 1957, il relate un massacre de militants péronistes par la police lors d’un coup d’état militaire en 56, mélange de fiction et d’enquête journalistique minutieuse, opiniâtre et emphatique.
 
L’un des intérêts de l’article de Délibéré est aussi de nous permettre de nous souvenir du film (clandestin) qui fut réalisé dans les années 70 sur cet épisode. Son réalisateur Jorge Cedrón, réfugié en France, fut liquidé, en France, par les sbires (internationaux ) dans le cade de l’Opération Condor au début des années 80.
 
Lisez et relisez Walsh, son seul roman traduit, et aussi ses nouvelles Les métiers terrestres ; voir aussi sa présentation dans le Dico de Mesplède.
 

Bernard Daguerre

 

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