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Publié par blog813

Voici donc la sélection 2019 des meilleurs romans français établie par les “ziennes et ziens”… Tiens, allez donc le dire sans zozoter. Sans vouloir se monter du col, on est quand même très bons, non ? C’est en effet au milieu d’une production chaque année plus pléthorique que s’est fait ce premier choix, et franchement, il n’y a que du bon.
Voici son rappel et une rapide présentation, sur le mode des paniers. Pierre Faverolle vous a trouvé des billets parus à la sortie des romans sélectionnés. Donc, un coup d’œil dans le rétro, et voyons ce qui se disait alors. Vous avez tout l’été devant vous pour lire ceux qui vous auraient échappés, pour faire un choix éclairé. Même si, provocateur en diable, notre ami trop tôt disparu Claude Mesplède déclarait volontiers « Pas besoin de lire un livre pour le choisir »… Je dirais pour ma part, si vous me permettez de donner un avis qui n’engage que moi, qu’en avoir lu un seul qu’on choisit peut suffire s’il vous est paru exceptionnel. Mais pourquoi se refuser le plaisir des découvertes ? À cette heure, ces livres se trouvent parfois en poche, et forcément en bibliothèque.
Allez, hop ! Lisez donc ! et bientôt, un panier Trophée Étranger pour vous aider dans votre décision, ô combien épineuse. Mais c’est si bon, ces affres du choix…

Jeanne Desaubry 769

 

L'été circulaire
Marion Brunet

éditions Albin Michel 2019

par Claude Moha
« L’été circulaire » de Marion Brunet est un roman sombre. Très peu d’espoir ou de lumière dans cette histoire. Un roman d’une grande justesse pour saisir ce qui se joue à l’adolescence.
Je dois dire que ce roman noir m’a happé dès la première page. Si bien que j’ai continué à lire, pris au piège. Je n’ai pas été épargné par ce que j’ai vu et entendu, voyeur malgré moi, plongé dans l’intimité de cette famille du Lubéron.
Cette famille où le père, Manuel, fait preuve de trop de violence envers ses proches. Sa femme, Séverine, est une mère soumise qui laisse faire. Ceux-ci ont deux filles, Johanna et Céline, de quinze et seize ans. Dans la chaleur de l’été, ces adolescentes jouiront des plaisirs de la jeunesse avec insouciance. Très vite, les choses vont changer. Ces deux sœurs devront faire des choix pour leur avenir. Mais a-t-on vraiment le choix de son futur ? Peut-on briser les chaînes du déterminisme social ? […]
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Le Cygne Noir

Sur le ciel effondré 
Colin Niel

éditions Rouergue Noir 2019

 par Lucia
IMMENSE, IMMENSE coup de coeur pour ce polar absolument génial de Colin Niel ! Je suis vraiment très impressionnée par le travail considérable de documentation qu'il suppose, par la qualité de l'écriture dont il témoigne et par une intrigue super bien ficelée qui nous captive jusqu'à la dernière ligne.

Comment vous dire ? Franchement, avant la lecture de ce roman, je n'aurais pas pu vous raconter grand-chose de la Guyane : un département français, un centre spatial (Kourou), un bagne autrefois, un climat équatorial étouffant, des moustiques voraces (dengue, chikungunya ?…) Quant à citer précisément tous les pays frontaliers… hum, hum… 
Autant vous dire que je ne savais rien ou à peu près. Eh bien maintenant, je sais TOUT… non, bien sûr, je plaisante ! Mais en revanche, je crois que je n'ai jamais eu autant le sentiment de voyager, de découvrir, grâce à un livre, un territoire si différent du mien et d'en comprendre un peu les problématiques actuelles. Bref, j'ai l'impression de revenir d'un périple incroyable et ultra-dépaysant.
Lire la suite sur le blog Lire au lit

La guerre est une ruse
Frédéric Paulin

éditions Agullo 2019

 par Mimipinson
« Ce lien contre nature entre  militaires et islamistes engendrera inévitablement le grand bordel. Le grand bordel, comprendre l’importation des problèmes algériens en France. »
«  Lorsqu’on s’engage sur la voie du djihad, il n’y a pas de retour arrière.Pas ici, pas en France en tout cas. »
Les années 90  en Algérie furent 10 années de guerre civile, 10 années de lutte de l’Etat en prise à la montée des groupes islamistes alors que le pouvoir en place et par là-même la "démocratie" joue sa survie devant les forces obscures en passe de gagner les élections.
Le premier volet de cette trilogie s’étend sur 3 années entre 1992 et 1994, alors que les généraux prennent le pouvoir afin de pas laisser les islamistes prendre le pouvoir alors qu’ils sont vainqueurs des élections.
Lire la suite sur le blog Mimi Pinson

Hével
Patrick Pécherot

Série Noire Gallimard 2019

par Yan
En janvier 1958, Gus et Maurice se la jouent Salaire de la peur discount en convoyant des cageots de légumes et diverses marchandises industrielles à travers le Jura dans un camion fatigué. Janvier 1958, c’est aussi le cœur de la guerre d’Algérie. La Bataille d’Alger s’est terminée, mais les fellaghas tiennent le maquis et profitent de bases arrières en Tunisie et au Maroc. Côté armée française la gégène tourne encore. En métropole, y compris dans ce Jura pris dans la glace et la neige, des heurts entre bons français et ouvriers algériens ont lieu et virent régulièrement à la ratonnade. Gus et Maurice le voient et Gus y participe même un peu. Et puis il y a Pierre, le vagabond sans passé qui croise le chemin des deux camionneurs. Soixante ans après, Gus se confie à un journaliste sur cet hiver 1958 et sur un meurtre oublié et qui aurait à son goût dû le rester.  
La suite est à lire sur le blog Encore du Noir

Ma ZAD
Jean-Bernard Pouy

série Noire Gallimard 2019

par Antoine
Comme toujours, l’auteur n’est jamais très loin de l’actualité sociale, et c’est presque sans surprise, mais avec un infini plaisir, que nous le retrouvons aux alentours des ZAD, ces Zones A Défendre occupées, souvent pour des raisons écologiques, par des personnes qui refusent de baisser les bras devant les lois du fric.
Un type d’un certain âge, militant mais sans en faire des caisses, se radicalise devant nous. Il s’appelle Camille Destroit, et ce n’est évidemment pas un hasard. Camille, comme le pseudo androgyne adopté par toutes et tous les zadistes lors des contrôles de police ou les interview données à la presse. Destroit, un mix entre destroy, réference au punk, et Détroit, la ville sacrifiée (et ces habitant(e)s avec) au nom du fric et du profit et qui se relève dans la débrouille et l’entraide (même si les prix sacrifiés de l’immobilier attirent toujours les même vautours, Amazon en premier).
Derrière les incontournables joutes verbales et les références culturelles dont Jean-Bernard Pouy s’est fait une spécialité, c’est un récit plein d’humanisme et d’engagement que nous offre l’auteur. La radicalisation, dans ce livre, retrouve une certaine noblesse, après avoir été souillé par les actualités. La radicalisation n’est pas toujours une pulsion de mort. Loin de là.
La suite est lire sur le blog Bonnes feuilles et Mauvaises Herbes

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