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Publié par blog813

 

Elena Piacentini nous revient au Fleuve noir avec le capitaine Mathilde Sénéchal.

Elle avait délaissé son Arsène Leoni aux éditions Au-delà du raisonnable pour créer ce personnage de policière, un peu torturée et souffrant d'une véritable aversion pour l’odeur de la menthe... Le temps de deux romans, celui-ci venant conclure Comme de longs échos où apparaissait le personnage de cette capitaine de police.

Le roman commence alors que Mathilde est en Haute Ariège, en compagnie de Pierre Orsalhièr, un berger, son amant, son soutien et son réconfort. La nouvelle de la disparition en mer de son chef Lazaret lui parvient en même temps qu’une lettre étrange de celui-ci. Il l’encourage à enquêter sur le pan d’ombre de son enfance : la disparition d’une jeune femme, Jeanne Bihorel, dont elle était proche, le même jour que l’accident de bicyclette qui lui a valu la cicatrice qu’elle cache sous sa chevelure et une amnésie qui perdure. Elle n’a retenu aucun détail avant ce jour du 24 juillet 1987.

Mathilde va donc retourner en Normandie, enquêter dans le village où se trouve la maison de son enfance sur un événement survenu trente ans auparavant, à la recherche de la vérité sur son accident, son amnésie. Quête de sa propre mémoire.

Voilà un roman beaucoup plus ambitieux que le précédent, plus centré sur l’action, car dans son hameau en pleine forêt normande, elle va raviver les haines accumulées entre deux anciennes, nées en 1930 et plus généralement 3 familles. Drame familial, revanche d’un passé masqué et secrets bien enfouis chez ces Normands taiseux. Rencontre avec sa mère (en maison de repos) et son père (distant, comme absent) et ses deux voisines, trois fermes proches. Mathilde à la recherche d’elle-même prend désormais prend beaucoup plus d’épaisseur. Cette quête est celle de sa propre identité,

Roman moins centré sur l'action que le précédent, on retrouve ici l’empathie de l’auteure pour ses personnages que l’on avait bien perçue dans les romans mettant en scène Leoni.

Mathilde n’est pas la seule à prendre de l’ampleur : Pierre, son compagnon la soutient, et Adèle, adolescente de treize ans, insouciante et mature qu’elle a mise sous sa protection (sa mère est alcoolique et son actuel ami ressemble fort à un pédophile) apporte de la vivacité et de la lumière dans cet univers très sombre. Adèle, copie quasi calque de Mathilde enfant, prête à se lancer dans une enquête en pleine nuit en dépit d’un réel danger. Et les personnages de femmes ! Hortense à la longue tresse, anar et provocatrice et sa voisine, Solange, la bigote, la mère de la disparue... Ce sont-elles qui sont au cœur de l’intrigue...

Les chapitres sont courts se focalisant à chaque fois sur un des acteurs du récit *, livrant un aperçu de sa psychologie. On retrouve le style très travaillé mais fluide que l’on a toujours aimé chez cet auteur. Mais aussi, bien sûr, le suspense. Elena Piacentini sait parfaitement nous tenir en haleine. Quelques exemples ? Que s’est-il passé le 24 juillet 1987 ? Et tous les 24 juillet ? Qu’est-ce qui a provoqué l’accident de Mathilde ? Et son traumatisme ? Pourquoi cette aversion pour la menthe ? Jeanne Bihorel est-elle morte ? S’est-elle enfuie ? Qui étrangle les animaux dans la forêt ? Comment retrouver ce qu’on a enfoui depuis son enfance ?...

Bref un roman d’envergure que l’on lit avec beaucoup d’intérêt et qui sera disponible en librairie le 22 août. Demain.

N’hésitez pas.

 

Vaste comme la nuit, Elena Piacentini, Fleuve noir, 22 août 2019

 

B.L. Le Facteur 813

 

* un tableau des 3 familles donné au début nous aide à nous y retrouver

 

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