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Publié par blog813

Déjà reçu ? déjà dit ? pas tout à fait.

Notre ami, membre de 813 Patrick Planès a envoyé sa copie et présente Il faut flinguer Ramirez- Acte 1.

Ainsi cette promotion est signée par 80  % de membres de 813.

Et n'oubliez pas, l'échéance approche. Votez ! Pour la BD ou pour tout autre support. Même pour un seul ouvrage...

Alors que l'échéance du vote pour les trophées arrive  (le 3 novembre), il est largement temps de dire un petit mot de la sélection BD 2018.

Trois membres du CA s'y sont collés et vous livrent leurs coups de cœur  ; le reste (comme dans les Paniers de Pierre) a été trouvé sur Internet.

Il est largement temps de commencer à voter.

Rappel des vidéos diffusées en août pour présenter les trois autres prix à remettre : Français, Michèle Witta, Renault.

Trophée BD 2019 - un rédacteur inespéré

PETRIMAUX – Il faut flinguer Ramirez – Acte 1       [Glénat]

 

Jacques Ramirez est un employé modèle travaillant pour une entreprise d’Arizona spécialisée dans la fabrication d'aspirateurs. Jacques Ramirez est sourd mais expert dans son domaine, et reconnu comme tel par ses collègues comme par la direction de l’entreprise. Casanier, vivant paisiblement et uniquement préoccupé par la qualité de son travail, le destin va brutalement le confronter à un gang de malfrats mexicains persuadés qu’il est l’un des plus terribles tueurs à gages qui soit mettant en danger leurs petites affaires.

C’est pour le moins explosif ! Dans tous les sens du terme. Tous les codes et standards du polar en BD sont balayés et pas seulement ceux du 9e art. Car la narration est à l’avenant.

Par son univers et ses personnages, il nous entraine de surprises en stupéfactions dans un mélange de genre, parfois agaçantes lors de redites graphiques, parfois plaisantes voire hilarantes.

Il y a de la virtuosité tant dans le dessin que dans le découpage et le récit mais aussi des facilités caricaturales. L’auteur est visiblement un fan de Tarantino et le démontre. En fait un peu trop, produisant un album qui se veut un catalogue de ses talents. Et, vu son parcours, ils sont nombreux, et quelque peu pléthores au sein de cette aventure un peu mince pour lui faciliter la tâche. Un peu de rigueur et de sagesse auraient probablement été utiles.

Mais qu’importe ! Tout cela ne retire rien au plaisir que procure sa lecture. Et somme toute il y a longtemps qu’un polar humoristique ne nous avait autant marqué.

Ceci dit, je ne doute pas que le prochain épisode - que l’on attend avec impatience - nous époustouflera.

Patrick Planès

 

Doug Headline et de Massimo Semerano MIDI MINUIT, (Aire Libre). 

   

A travers les personnages des cinéphiles mordus de séries B et Z, Christophe Lemaire et François Renard, héros de Midi-Minuit, Doug Headline revisite la période où le cinéma italien produisait à la pelle des films « de genre », école dont le représentant le plus connu est Mario Bava.
     La BD nous entraîne avec beaucoup de rythme et d’humour (l’humour est la qualité principale de cet album) à la recherche du mythique réalisateur Marco Corvo qui vit reclus depuis plus de 20 ans et que personne n’a pu approcher. Les deux compères ont eu l’extraordinaire chance, grâce à un contact italien, d’obtenir l’autorisation d’interviewer le maître.
    Une fois en Italie, ils vont se trouver confrontés à bien des mystères et surtout à des meurtres particulièrement sanglants, rappelant de manière troublante, les films de … Marco Corvo. Voilà pour l’argument.
 
 
    Mais cela ne saurait résumer le plaisir jouissif qu’on a à lire cette BD; même si on ne connaît pas bien le « giallo », on est embarqué dans cette histoire, plus profonde qu’il n’y paraît, car Doug Headline rend un hommage sensible à un cinéma mal aimé, un cinéma qui le passionne depuis toujours, et il a su donner à son scénario une touche de nostalgie et de mélancolie (que l’on trouve aussi dans Once upon A Time in Hollywood!)
    Outre l’hommage au cinéma italien des années 60 et 70, cet album nous ramène à un passé parisien disparu, celui des salles de quartier (le « Midi-Minuit » est l’une d'elles), où se retrouvaient les cinéphiles mordus. Autre chose que l’ère des multiplex. 
    Notre ami Fred aurait dit beaucoup plus de choses, aurait parlé savamment de la qualité du dessin de Massimo Semerano (très évocateur sans être léché), mais à défaut de l’avis du spécialiste, voici le mien : je recommande chaudement la lecture de cet album. 
Jeanne Guyon
Remarque sur le graphisme : de facture très classique, il sert bien l'intrigue et les décors et ambiances sont réussies. Fait remarquable, le dessinateur intercale quelques plans de films de Corvo, des affiches dans le style Giallo, qui donnent beaucoup de réalité à ce personnage fictif. Deuxième remarque, les tenues très bizarres voire affriolantes de l'intendante de Corvo...
B. L.

Doug HEADLINE et Max CABANES, d’après Manchette – Nada [Dupuis]

 

      

Après que, l'an passé, c'est l'adaptation de l'Été en pente douce, a reçu le trophée 813 de la BD, cette année encore, les adaptations occupent une bonne part de la sélection.

       Après le remarquable  Fatale, Doug Headline (fils de Jean-Patrick Manchette) et le dessinateur Max Cabanes s'attaquent au roman de Manchette  Nada (1972), considéré pour beaucoup comme le point de départ du "Néo Polar".

 

       Disons le tout net, cette adaptation est parfaitement réussie. D'abord le scénario n'a pas pris une ride. Récit d'un enlèvement mené par une bande d'ultra gauchistes qui ont envie d'en découdre. Excusez du peu, ils enlèvent rien moins que l'ambassadeur des États unis en plein Paris. Évidemment tout ne se passera pas comme prévu...

 

       Publié à une époque où les Brigades Rouges et la Bande à Baader faisaient beaucoup parler d'elles, le roman dans la foulée de mai 68 apparait plus de 40 ans plus tard comme un récit historique. Mais le récit de l'adaptation, nerveux, rythmé entretient une tension qui ne faiblit pas. De l'organisation de l'enlèvement à  sa réalisation et à l'achèvement sanglant : « Je vais vous raconter l'histoire brève et complète du groupe Nada » on dévore cette Bande dessinée. Doug Headline a retrouvé la verve des films politiques, de dénaonciation des années 70.

      

       Le deuxième tour de force c'est le trait infaillible de Max Cabanes tant pour reconstituer autos, tenues vestimentaires, coupes de cheveux que recréer l'atmosphère des seventies. Son dessin et le rythme des pages contribue à renforcer l'histoire. Du grand art.

 

Bon, que le tandem ait déjà reçu le trophée en 2012 pour la Princesse de sang ne doit pas vous retenir de le lire. Vraiment mon coup de ♥ de la sélection de cette année.

 

Boris Lamot

 

 

Serena, Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, Sarbacane, d'après Ron Rash.

 

 

Caroline du Nord, Smoky Mountains, 1930. Dans cette contrée sauvage et très masculine d’exploitation forestière, un patron revient de la ville avec sa nouvelle épouse. Tous les hommes l’attendent de pied ferme, déjà ricanant. Leur surprise est totale devant Serena: très belle, très sûre d’elle, autoritaire, en pantalon, elle prend tout de suite les affaires de son mari en main. Non seulement elle le veut, mais elle le peut: Serena se révèle très compétente et prend des initiatives étonnantes. Ne serait son sexe, tout le monde respecte – et craint – Serena comme patronne. Mais l’ambition et la prédominance prennent progressivement des proportions...

La suite est à lire sur le site Les petits bouquins

Le Vendangeur de Paname / Frédéric Bagères et David François - DELCOURT

 

      Dès le sous-titre de cet album - une enquête de l’Ecluse et la Bloseille - le ton est immédiatement donné, confirmé par la couverture présentant les deux inspecteurs affublés de leur outil travail principal respectif : une loupe et un verre de vin… Le premier s’appelle Pierre Caillaux, fils du célèbre Joseph Caillaux, et doit surtout son incorporation dans la police plus à son prestigieux patronyme qu’à ses qualités sportives (excellente première page de l’album!). Quant à son surnom, contraction de « bleusaille et oseille » - il le doit lui à l’inspecteur avec qui il va faire équipe, un vieux flic relégué au fin fond du Quai des Orfèvres en raison de son penchant pour le raisin fermenté. Tous deux vont enquêter non pas sur cet assassin qui nargue la police, avec ses quatre victimes en quelques mois, mais sur « le décapsulé de Bercy », un caviste retrouvé décapité. Un rapport entre les deux affaires ? Voire…

 

       Cet album est plus que réussi : une intrigue double et au final assez ingénieuse, des personnages bien typés, aux caractères bien trempés, superbement mis en images par David François toujours aussi doué pour imaginer des trognes mémorables. Et cerise sur le gâteau, on se délecte de la langue verte mise dans leurs bouches par Frédéric Bagères : l’entreprise était délicate, elle fonctionne parfaitement et participe largement à la lecture jubilatoire de cette première enquête. Espérons-en d’autres !

 

Frédéric Prilleux

 

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