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Publié par blog813

Un recueil de nouvelles du grand Harry Crews.

 

    La plus douce façon de trancher...
La décision capitale est prise et tous les deux, sont d’accord. La plus gênée, fait la leçon. Le bistouri aura le dernier mot.
 
     Une promenade dans la campagne.
     Une équipe de randonneurs, quelque part dans le Tennessee. Un bar au bord de la route, la bande de plusieurs et un homme seul qui  parle de la pendaison d’Alice. A l’époque, c’était l’histoire préférée des enfants. L’homme nous y emmène. C’est là, sur la ligne de chemin de fer. Ils traversent des paysages et l’eau commence à manquer.
 
     L.L. Bean a tout compris à l’ Amérique. 
     Le magasin de L.L. Bean ressemble à un hangar et pourtant 20 millions de chiffres et toute l’Amérique comme clients. Tous d’être habillés L.L. Bean. Hier à l’ancienne, et les ordinateurs font leur apparition. Les produits fabriqués en Europe. Et le chiffre d’être multiplié par trois.
 
Une soirée à la cascade.
   Les gorges de Laurel Falls. On est pas nombreux. Voilà chapeau noir qui arrive et un enfant. Vous avez déjà tué quelqu’un ? Ils nous traînent jusqu’à leur campement. Vodka et marijuana. Cette falaise est impressionnante. Ça vous plairait de monter la –haut ?
 
    Un jockey dans la dernière ligne droite.
    Six cents dollars en une minute trente. Neuf livres en moins en 150 minutes. Cela c’est pour le premier. Pour les autres, la somme n’en vaut pas la peine. Départ dans une minute.
 
     Mardi soir avec Cody, Jimboo, et un poisson de belle taille.
    Cette perche ne pèse pas douze livres. En effet. Quoi faire avec les paris ? Le whiskey fera l’affaire. Je suis sûr que mon pickup est plus costaud que le tien. Le parking est grand et vide. Des nuages de poussière, et retour au bar.
 
     La bagnole.
     Vingt sept couches de peinture, un temps infini passé sous la carrosserie, les outils à la main, et cette bonne odeur d’huile. Sur l’autoroute, compteur bloqué. Et de passer du temps devant le miroir de la salle de bain, pour avoir le style, genre Hollywood.
 
     Saint Bronson à mains nues.
    Sur les tournages Bronson reste dans son coin. On le voit de dos. On l’appelle, il arrive le regard indicible. Moi, j’aime Bronson, moi j’aime pas Bronson. En tout cas, c’est lui qui passe à la banque. Pour l’interview, ça se passe dans un wagon et il roule. Bronson raconte sa vie. Vingt ans de cinéma avant d’être reconnu. Harry Crews  l’aime.
 
     La buse va voler.
     La buse est là dans le sable, elle est blessée, je l’emmène. Elle passera chez moi plusieurs semaines en rééducation, son aile va de mieux en mieux. Voici venu le temps du parc naturel où les fusils sont bannis.
 
     Le sale cabot de la télévision. 
    Pour le cinéma, il faut être bon dès le départ. Pour la télé, on s’en fout, ça sera diffusé quand même. Avec Blake, l’acteur, on raconte nos vies. C’est pas brillant. Chacun prend ça pour une vie normale. Il n’y a que regarder les autres. Le cinéma, c’est autre chose.
 
     Le monde merveilleux de Winnebago. 
    Un raton laveur se fait avoir, un ours se réfugie bien vite dans les bois. Des golfeurs battent des records. Un cerf se met en danger en s’approchant trop près des Winnebago.
 
    Forain.
    Une fête foraine, c’est une société à part, fermée. Ils resteront ensemble plus que longtemps. Tout est secret. A la vie à la mort. Une fête foraine est en soi une ouverture, des milliers de visiteurs, d’enfants. Et ce sont eux, les forains qui sont repliés dans leurs secrets. Un monde de parieurs qui ne perdent jamais, un monde d’œufs durs au parcours surréalistes et aux mains qui collent. Les gogos sont mis à poil et ne s’en aperçoivent pas.
 
     La course au renard. 
    On est assis sur les marches, devant le bar, le whisky est bien entamé. Il me parle, “je lui aurai bien arrosé le muguet”. Il est deux heures du matin, le chemin est long. Avec tous ces bars ouverts ! Avec Pete et ses chiens, on va courir dans les bois. Il y a là un renard bien plus malin qu’eux. Il y a là, deux campeurs.
 
     Vous quittez Pasadena. Reprenez une vitesse raisonnable.
    Le téléphone sonne. Un casse pieds. Il me propose : et si votre dernier roman passait à la télé. Nous voilà à Pasadena, on est perdu. A pied, c’est peut être mieux.
 
     Le routier militant.
    On se rencontre dans un resto-routier. Le tout et le rien font l’affaire. On en vient à Overdrive le magazine des routiers. Je rencontre Parkurst le patron, le militant sur la façon de conduire. “On vit comme au 19ème avec des idées du XXème.” On se bat contre les systèmes et ça va haut, Ford et Carter. Les grosses boîtes qui écrasent les petites.
Ceux qui marchent, roulent, ceux qui ne marchent pas, roulent. A vide.
 
    Grimper en haut de la tour. 
    Texas, Dallas, Whitman, l’université et sa célèbre tour qui servira de mirador. Crews en sera à jamais touché. Pourquoi Whitman et pas un autre ?. Entre la tentation de passer à l’acte et une caisse de fusils venant du Vietnam.
 
     Péquenots / Harry Crews. Ed. Finitudes, août 2019.
     Première édition en français.
    
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