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Publié par blog813

Coup de ♥ du facteur

Si vous avez écouté le dernier Ondes Noires, vous avez entendu Corinne dire que l'émission serait consacrée à des romans sortis début 2020 mais qui, pour les raisons qu'on sait, n'ont pas pu trouver leur place en librairie pas plus que dans les médias.

Parmi des romans mis quelque peu à l'écart, mon 1er coup de va (évidemment) vers Vanda de Marion Brunet (Albin Michel) mais tout le monde en a dit tellement de bien que je ne souhaite pas ajouter ma pierre.                                                

Non, je vais vous parler de la Cité des rêves de Wojciech Chmielarz paru chez Agullo. Je l'ai acheté, ainsi que quelques autres titres, par le truchement de la librairie strasbourgeoise La Tache Noire qui, même en temps de confinement, assurait un service de livraisons sur commande. Pourquoi ce roman ? Sans doute avais-je lu quelque part une bonne critique et puis c'est le 4e roman de cet auteur polonais que publie Agullo. Et que je découvre.

L'histoire ? Posons le cadre :

Où ? À Varsovie ?

Quand ? maintenant

Qui ?  un duo d'enquêteurs : Mortka inspecteur chef  et son binôme, Suchoka (dite la Sèche du fait de son caractère peu propice à la complaisance et aux relations facile). Elle vient juste d'arriver auprès de Mortka. Aussi un autre policier, déchu, Dariusz Kochan que l'on a mis au placard avec une pile de dossiers refroidis...

Qui encore ?  tout une ribambelle de personnages, des étudiantes, un groupe de geeks qui veulent fonder une startup,  des journalistes, des gardiens d'immeubles, un homme politique qui a eu son heure de gloire mais vient de se faire destituer de son parti, d'autres politiques et gens aisés, des mafieux, des hommes de main complètement chtarbés. Des Polonais(es), une Ukrainienne...

Quoi ? Zuzanna, jeune étudiante en journalisme est découverte assassinée au pied d'un immeuble tout confort, résidence protégée où vivent des personnes normalement recommandables, disons aisées. Elle a pris un coup de couteau sur l'artère fémorale et s'est vidée de son sang. L'arme est restée sur place...

   Très vite, une Ukrainienne est arrêtée et avoue le meurtre, sauf qu'elle ne semble pas du tout savoir comment la Polonaise a été tuée. Les Ukrainiennes sont méprisées par les Polonaises et réduites à des tâches moins rémunérées et peu glorieuses. « La vendeuse l'avait regardé bizarrement. De travers, et d'un air de mépris. Comme toutes les polonaises regardaient les Ukrainiennes, les premières ayant de quoi payer, tandis que les autres faisaient les ménages. » Cette phrase mise en exergue du roman en dit long sur la question.

   Cette affaire, au demeurant minable va révéler tout un imbroglio de relations cachées, de non-dits, de comportements peu enviables. Drogue, prostitution, ambitions, mafia, politique...

   Les flics font leur travail, trouveront la solution de l'énigme, se montreront à la hauteur face à des personnages qui, s'ils n'avaient rien fait auraient évité tout un enchaînement de catastrophes et de scandales, de morts inutiles. Kochan, le solitaire, résout trois affaires classées mais ne change pas grand chose à sa situation de déclassé...

En lisant ce roman dont l'intrigue m'a entrainé sans relâche, j'ai eu l'impression de me retrouver à l'époque où je prenais plaisir à lire des histoires de privés, ou de policiers, foncièrement honnêtes, face à un monde perverti, corrompu, en pleine décomposition. Généralement, ils gagnaient le plus souvent. Là, c'est moins sûr. Cette cité des rêves, ce vase clos, n'engendre pas l'envie...

Bref un roman que je recommande chaudement. Du coup j'ai envie d'en lire d'autres dont la Ferme des poupées.

Un auteur à découvrir, si ce n'est encore fait

 

La Cité des rêves, Wojciech Chmielarz , Agullo, 380 p., traduit du polonais par Erik Veaux.

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