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Publié par blog813

 

 

Mon coup de cœur de cette rentrée littéraire , Thomas Cantaloube, Requiem pour une République, Gallimard (Série Noire), 540 pages, 21 euros

   Paris, 3 quai de Montebello, 23 septembre 1959. L’assassinat d’un avocat algérien, commandité par le directeur adjoint de cabinet du préfet Papon, tourne au carnage. Victor Lemaître, écrivain raté d’extrême droite et professionnel du crime, tue froidement toute la famille d’Abderhamane Bentoui puis disparaît dans Paris.
   Luc Blanchard, jeune flic intègre et un brin naïf, et Amédée Janvier, vieux flic de la Crim’ et alcoolique notoire sont chargés de l’enquête officielle.
   Sirius Volkstrom, franc-tireur et ancien collabo, qu’on retrouvera en Indochine et en Algérie, guidé par le seul souci de ses propres intérêts, se lance à la poursuite de Lemaître, qu’il doit liquider à la demande de Deogratias, exécuteur des basses œuvres à la préfecture de police.
       Antoine Carrega, gangster corse, ancien résistant et fidèle en amitié, est chargé par Félix, son compagnon de maquis et gaulliste de toujours, de retrouver l’assassin de sa fille, l’une des victimes du massacre.
       Alors commence la traque pour retrouver Victor Lemaître.

 

Cette histoire haletante, mélange de fiction et de réel, se déroule de septembre 1959 à octobre 1961 et nous plonge dans une période de bascule de notre Histoire.

L’auteur, rompu à l’enquête journalistique et parfaitement documenté, a privilégié un récit chronologique qui nous fait plonger avec habileté et efficacité dans les eaux troubles du pouvoir de l’époque. Situé à la fin de l’Empire colonial français avec cette guerre d’indépendance de l’Algérie qui ne veut pas dire son nom, ce roman noir aborde des questions très actuelles : la raison d’État, la manipulation, la création de polices et de réseaux parallèles, le terrorisme et le contre-terrorisme, le racisme, le contrôle de l’information…


Sur le plan historique, le cadre de l’intrigue est borné par deux faits essentiels : le discours de De Gaulle sur le droit à l'autodétermination du peuple algérien (16 septembre 1959) ainsi que les massacres perpétrés par la police et ses supplétifs sur les Algériens de Paris lors des manifestations de l’automne 1961 lancées par le FLN (17 octobre 1961).


Sur le plan stratégique et géopolitique, l’auteur pose également la question de la puissance nucléaire comme substitut à l’hégémonie coloniale.


Ce récit, qui met en scène des personnages tels que François Mitterrand, Maurice Papon, Charles Pasqua, François Marcantoni… livre aussi une parfaite description des mœurs et des pratiques politiques de cette Ve République naissante.


Ce premier roman de Thomas Cantaloube, journaliste et grand reporter à Mediapart, est une belle réussite. Je l’ai lu avec grand plaisir et je vous invite à le découvrir!

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