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Publié par blog813

image, le monde du polar

image, le monde du polar

Françoise Croville est déjà apparue sur ce Blog, à propos d'un article à deux voix que nous avions partagé il  a près de quatre ans à propos de David Peace. Nous récidivons avec chacun une chronique sur le dernier Fred Vargas. La sienne est diffusée de suite sur le blog, la mienne sera à lire ultérieurement, je ne vous dis pas où.

      L’avant-dernier roman de Fred Vargas, « Sur la dalle » avait considérablement déçu ses nombreux admirateurs. On s’y ennuyait fermement. Heureusement, ce n’est qu’un mauvais souvenir car Une unique lueur nous offre plus de 500 pages d’un réel bonheur de lecture.

      Un soir d’été, Adamsberg et son ami et collègue Veyrenc se baladent dans Paris quand ils tombent sur le cadavre d’une jeune femme exceptionnellement belle. Pas seulement belle d’ailleurs, mais aussi très sophistiquée : veste pied-de-poule malgré la chaleur, jupe étroite, rouge à lèvres un peu bizarre. Et un bouquet d’ancolies posé non loin d’elle.

      L’enquête -car oui, même Adamsberg mène des enquêtes, à sa manière certes- va transporter le lecteur de Paris à Los Angeles, avec un prince d’Aquitaine muni d’un sifflet. Oui, bien sûr c’est étrange mais c’est bien le charme des romans de Fred Vargas : le côté étrange et poétique des pérégrinations, tant géographiques que psychologiques de son célèbre commissaire. Car il ne réfléchit pas comme tout le monde, Adamsberg : souvent il ne sait pas. Un « quelque chose » le turlupine dans une photo, mais quoi ? Il ne sait pas. Et, dans ce dernier roman, cela va donner lieu à des dialogues savoureux avec Veyrenc, les deux se renvoyant la balle sur une expression, un mot qui aidera peut-être à trouver la clé de l’énigme.

      Le lecteur fidèle se rendra vite compte que les personnages ne sont plus tout-à-fait ce qu’il a connu : déjà, exit la vie privée d’ Adamsberg. Plus de Camille, plus d’histoires d’amour compliquées, plus de vie de famille avec les cinq enfants de Danglard. On voit d’ailleurs fort peu ce dernier qui continue à aider Adamsberg dans ses enquêtes, mais surtout en comblant ses lacunes culturelles. Rétancourt, au joli prénom de « Violette » est aussi très peu présente. En revanche, nous faisons plus ample connaissance avec Voisenet, l’amateur de poissons, Estalère le maniaque du café, Hélène Froissy, plus que jamais obsédée par la nourriture, à la manière d’un petit écureuil. Toutes ces personnalités donnent aux « conciles » (les réunions de l’équipe) un côté à la fois humain et vivant, tel qu’on ne l’avait plus vu depuis peut-être Ed McBain. Les autres personnages, à l’image de Charlus et d’Anselme ne sont pas en reste pour nous inquiéter ou nous faire éclater de rire.

      Ce dernier roman, à l’écriture d’une élégance et d’une sophistication rares, nous confirme en tout cas ce que nous disions depuis longtemps (et n’en déplaise à certains) : Fred Vargas est décidément une formidable conteuse qui nous embarque dans son univers poétique et plein d’humour pour notre plus grand bonheur.

F. Croville

Fred Vargas, Une unique lueur, Flammarion, 2026

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