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Publié par blog813

Le coup de ♥ de Françoise
Françoise Croville a aimé  Le sourire de Jack Rabbit, (Jackrabbit smile, 2018) de Joe R. Lansdale /Denoël/Sueurs Froides (2021) traduit de l’anglais (USA) par Frédéric Brument.

Joe R. Lansdale / Le sourire de Jack Rabbit, (Jackrabbit smile, 2018), Denoël/Sueurs Froides (2021) traduit de l’anglais (USA) par Frédéric Brument.

 

Chic, une nouvelle aventure de Hap et Leonard !

Pour ceux qui ne les connaissent pas, ces deux-là sont les héros de plusieurs romans de Joe R. Lansdale dont on peut lire une interview dans le numéro 138 de la revue. Ils peuvent se lire indépendamment mais mieux vaut les lire dans l’ordre si l’on veut comprendre l’évolution des personnages.

 

Ce duo de détectives ne fait pas dans la dentelle. Hap est blanc, plutôt démocrate et réfléchi, c’est lui le narrateur. Il a épousé Brett, son amoureuse depuis longtemps. Leonard est noir, homosexuel, républicain et  plutôt… nerveux dirons-nous.

Quand Judith Mulhaney, et son fils Thomas débarquent à l’agence, on se dit que les choses se présentent assez mal : le t-shirt de Thomas imprimé du slogan « White is right » laisse peu de doutes sur ses opinions politiques. Ce duo peu sympathique est à la recherche de Jack Rabbit, la fille de Judith et sœur de Thomas dont ils sont sans nouvelles depuis un bon moment. Il faut dire que cette dernière a fait tout ce qu’il fallait pour déplaire à sa famille. Elle a, notamment, eu des aventures avec des gens, comment dire, des gens d’une couleur, enfin, des gens de couleur quoi.

 

On se dit que notre duo de détectives va peut-être avoir du mal à accepter l’affaire, mais après tout, ils ne roulent pas sur l’or et comment refuser de gagner sa vie ? Après quelques discussions avec Brett qui s’occupe de l’agence, les voilà donc partis à la recherche de Jack Rabbit, ainsi surnommée car, malgré sa beauté, elle a quelques dents proéminentes.

 

Comme souvent avec les personnages récurrents, surtout quand l’humour, même très noir, est de la partie, on se dit que l’intrigue passe au second plan et que l’intérêt réside surtout dans les dialogues, les punchlines, la description de situations abracadabrantes, y compris dans les non-dits.

Mais, dans les derniers chapitres l’action s’emballe et l’auteur nous donne à voir quelques scènes d’une incroyable violence, sans compter quelques retournements de situation extrêmement bien amenés. Et arriver à mêler à ce point violence et humour n’est pas donné à n’importe quel auteur. « Haletant » est un terme devenu détestable à force d’être mis à toutes les sauces en particulier dans le domaine du polar : pourtant il se prête particulièrement bien au rythme de ces chapitres où tout s’accélère jusqu’à la fin sans nous laisser le temps de dire « ouf ». Entre temps, nous aurons eu droit à la bêtise insondable et cruelle de quelques rednecks et à la description tout de même jubilatoire d’une Amérique profonde qui arrive encore à nous surprendre.

 

Le Sourire de Jack Rabbit est la dixième aventure de Hap et Leonard et assurément une des meilleures : ne passez pas à côté.

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