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Publié par blog813

La main de bois

   Ça fait trois jours que je suis dans ce wagon, je descends, il pleut. Maintenant, c'est un vrai train qu'il me faut. De l'autre côté du quai, une femme à sa fenêtre, me regarde. Et si je pouvais manger chez elle... Je rentre dans le bâtiment et la croise dans l'escalier : Pouvez vous me rendre un service ? me dit-elle. Cette femme n'est pas d'ici. Voulez vous faire des courses pour moi ? Elle me donne un billet et je fais l'aller et retour. On partage un repas. On se prend dans les bras et elle se met à la fenêtre et crie comme jamais. Les voisins montent et entrent dans la chambre. Le mari d’Elizabeth est au sol, assassiné. 

Walter, le visiteur y va de sa main en bois. Tous les deux prennent la route.

   Direction la Californie. Ils s'arrêtent pour faire des courses. Elizabeth laisse des traces, elle parle trop, elle raconte sa jeunesse agitée, elle n'aimait pas grand monde. Pour lui, c'était le contraire. Les idées de Walter sur Elizabeth ne sont pas évidentes. Pourquoi cette femme, aujourd'hui, est-elle comme ça ?

    Ils s'installent en Californie pour trois ans, avec du travail et des habitudes de tout le monde. Elizabeth veut aller plus loin. Pour Walter, c'est non. Ses paroles sont sèches : C'est toi qui a tué mon mari et c'est moi qui t'ai sauvé. Tu feras désormais ce que je  dis. Ils s'engueulent à longueur de journée, se crient leurs amours.

   Derrière le motel, un tas d'ordure. Leurs voisins, les Hargraves trouvent une bague, un porte-jarretelles, un bridge. Tout cela dit, Elizabeth a disparu. La police arrive. Walter va en prison.  Walter, au tribunal, prend la parole, tous d'être sidérés. A-t-il raison ? Il met le procureur à plat. La justice y va fort. 20 ans.

  Walter rencontre enfin son avocat, Carver qui met l'affaire dans un autre sens. Le directeur de la prison lui demande ce qui lui plairait ici. Au bout de quatre ans, il décroche un diplôme.  Oscar Wilde, Beethoven...... l'ont bien aidé. IL sort de taule, trouve du travail et dans un bar,  prend une femme pour Elizabeth. Un hasard lui fait rencontrer les Harsgraves. Un rendez vous est pris. Ils l'accusent encore du meurtre.

    IL prend la route en trimard, les endroits où elle est passée la traite de pimbêche. Laguna Beach, à Los Angeles laisse une trace. Il n'a qu'une main et  trouve du travail dans  l'auto-immobile. Le nom d'Elizabeth traîne encore et il part pour Chicago. Dans la banlieue de Chicago la porte lui claque au nez. Qui est derrière la porte ?  Une voisine est plus aimable. Une Elizabeth vient le voir, ce n'est pas elle. On devient amis 15 jours. Il part, elle a les larmes aux yeux.

   Il refait le trimard, jusqu'à New-York. La ville unique aux mille quartiers. Avec une cloche, il va dans un bar. Un groupe arrive, une des femmes éclate de rire,  c'est pas possible ! Elle prend la porte, l'imbécile c'est lui. Du travail et des dollars lui tombent dans les poches.

   Il est devenu jardinier chez les Henaston, les plus friqués de la région. Le prénom de madame est Elizabeth. Ils se voient plus tard. Elle essaie de l'acheter et lui dit : Va-t'en. Et s'il en  parlait à Mr Henaston... Toi la coupable, coupable combien de fois ?    

 Il lui fait écrire toute la vérité. Elle dit haut et fort : Je ne veux pas mourir. 

    Moi, Walter, je lui propose une fin qui en vaut la peine. Non, ce sera le contraire. Et se rajoute un coup de feu...

     Il est sur un quai, elle est à sa fenêtre, ils se prennent dans les bras. Entre eux, un mort. Ils se sauvent en Amérique. Elle, Elizabeth disparait. Pour lui, Walter, c'est 10 ans de prison. Il en sort et travaille dans une propriété de riches. La femme s'appelle Elizabeth et son mari du moment est le quatrième.

  À contre voie. Gertrude Walker. Gallimard Série Noire mai 2025. Préface Benoît Tadié. Première édition française 1950.

 

 

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