Le Noir dans la BD (suite)
Ch(è)r(e)s ami(e)s du noir,
Je poursuis ma recherche du noir dans les BDs ( comics, bd d'auteur, adaptations) :
Le Roman Graphique La Trilogie Berlinoise- Tome 1 : L’été de cristal (2021-Editions Les Arènes BD) d’après les livres éponymes du romancier britannique de polar historique, feu Philip Kerr, qui s’est demandé ce qu’aurait écrit l’inventaire du Polar moderne, Raymond Chandler, s’il avait quitté Los Angeles pour écrire Marlowe en Allemagne ?
Scénarisé par Pierre Boisserie, qui s’est engagé dans la BD sur le tard après avoir été kinésithérapeute, il a collaboré avec plusieurs dessinateurs sur de longues sagas. François Warzala, quant à lui, est graphiste et illustrateur.
À première vue, c’est une bonne reconstitution historique (costumes, lieux) mais dans une illustration classique (gaufrier classique de mise en page).
Donc, Berlin.1936. Bernard Gunther, un Marlowe allemand, est engagé pour un double meurtre sur fond de magouilles industrielles et nazies mêlées à un drame personnel.
Du point de vue de scénario, on retrouve les repères : chapeau, imper, cigarettes, whisky et ironie/désillusion du « détective privé » avec une narration à la première personne. Mais, les dessins se situent dans la lignée de la ligne claire de l’école belge. Rien de nouveau.
La BD Traces de sang (2025-Fordis) de feu le scénariste italien, Gino d’Antonio, et feu le dessinateur italien, Sergio Toppi, en noir et blanc, nous offre un récit noir de ces deux grands Maîtres de la BD.
Gino d’Antonio qui était scénariste et dessinateur, inspiré par le grand Milton Caniff, connu pour son Histoire de l’Ouest et Sergio Toppi qui était scénariste et dessinateur, connu pour son noir et blanc d’auteur et ses hachures. Son meilleur album : Blues.
Ici, c’est une enquête de Nick Raider : de la Louisiane à New-York, une jeune fille abusée, demande de l’aide à Nick car elle est poursuivie par un caïd local, cupide et violent.
C’est une œuvre de commande dont voici l’un des trois tomes et l’incursion de Toppi dans le Polar.
Scénario classique à tiroirs et un superbe noir et blanc de Toppi (les vues de New-York et les gueules des policiers, différentes ethnies de l’album et celles des malfrats). Avec un superbe découpage cinématographique des Planches.
À lire.
Le Roman Graphique Spider-Man Noir : Hardboiled origins (Marvel-2025) du scénariste britannique, David Hine (Daredevil :Redemption) et du grand dessinateur italien, Carmine Di Giandomenico (Daredevil : Battlin’ Jack Murdock et Batman : The Knight) nous entraîne dans l’univers Noir en référence aux Polars des années 30, créé par la Maison des Idées de Marvel dans les années 2009 où les personnages n’ont généralement pas de super-pouvoirs mais restent des vigilantes (Spider-Man, Daredevil, X-Men Noir).
En effet, dès le titre (Hardboiled origins), on entre dans l’univers du Noir puisque le genre littéraire hardboiled, créé par Chandler, consiste à mettre de l’action à chaque fin de page. De plus, chaque super-vilain est ici un chef de gang qui veut tout contrôler. Enfin, l’action se situe entre 1930 et 1940, et l’on assiste, en toile de fond, à la Grande Dépression, à la Prohibition, la montée du nazisme à New-York et les lobotomies en psychiatrie.
La narration, comme le veut la tradition, est à la première personne du singulier et l’on assiste à la naissance d’un héros, Spider-Man, Peter Parker piqué par une araignée, habillée d’un noir élégant, avec imperméable et chapeau, que l’on retrouvera dans l’animé Miles Morales et la série live Spider-Man Noir (Amazon Prime Video en 2026 puis saison 2 annulée malgré ses récompenses).
Et tous les repères : Felicia Hardy tient Le Black Cat, speakeasy où l’on consomme de l’alcool illégal, Osborn est un caïd surnommé The Goblin, Peter est un étudiant en science et un journaliste en herbe et The Vulture est une référence en dessin à Nosferatu.
Les dessins sont superbes, vifs et violents et la narration, un hommage à cette époque.
À lire !!!!
Le Roman Graphique Noir : Daredevil : Le retour du roi (Panini comics-2024) du trio Ed Brubaker (scénario), Michael Lark (dessins) et Stefano Guadiano (Encrage), nous plonge dans les années 2008, dans la fin de leur run, dans les comics # 107 et suivants de la série, avec beaucoup de personnages secondaires (les parents de l’épouse enfermée de Matt Murdock, une privée qui tombe amoureuse de Matt, Luke Cage, Iron Fist, la Tarentule Noire, le Hibou et La Main). Création aussi du personnage de Lady Bullseye, tueuse aussi froide que son pendant et modèle masculin.
Qui sont les auteurs ? Le scénariste Ed Brubaker qui vient de la BD indépendante et qui s’est fait connaître dans le domaine du comics surtout dans le genre policier (Criminal, Gotham Central). Et Michael Lark connu dans les BD de super-héros indépendant et co-créateur du thriller futuriste à succès Lazarus.
Le Noir naît de la chute ou la rédemption de Matt Murdock qui devient le chef de l’organisation de ninjas tueurs 'La Main' après que sa vie personnelle ait éclatée ? Retour du roi (titre) du Kingpin qui pleurait la mort de sa femme Vanessa, s’était retiré une nouvelle fois de New-York pour vivre une nouvelle vie mais éclipsé par Daredevil à son retour aux affaires ? Un Kingpin qui ne peut lutter contre ses instincts et espère redevenir le roi de New-York, quitte à s’allier avec le super-héros Daredevil.
Enfin, et surtout, New-York et ses rues sombres, ses docks gangrénés, ses bas-fonds, ses quartiers pauvres remplis d’émigrés érigés en gangs. Ce sont les décors de la Ville. Ce qui en fait un personnage principal de la série. Et magnifiée par les dessins réalistes et en plans larges de Lark.
À lire !!!!!
Amicalement,
Marc Andriot,
Romancier Graphique du Neo-Noir
Merci Marc de ces intéressantes chroniques
/image%2F0550618%2F20260921%2Fob_c691a2_la-trilogie-berlinoise-tome-1-l-ete-de.jpg)
/image%2F0550618%2F20260921%2Fob_6c228e_traces-de-sang.jpg)
/image%2F0550618%2F20260921%2Fob_c77bd7_spider-man-noir-hard-boiled-origins-81.jpg)
/image%2F0550618%2F20260921%2Fob_ed2d28_daredevil-le-retour-du-roi-marvel-delu.jpg)