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Thomas BRONNEC Toute l’infortune du monde Série Noire - 20€
"Paris est victime d’une série d’attaques de drones d’origine inconnue. Seule explication plausible : les États-Unis et la Russie cherchent à déstabiliser la Présidente française qui porte le projet de créer un corps militaire européen avec l’Allemagne et la Pologne. S’ensuit l’invasion et la prise en otage d’un quartier de Paris par une troupe de mercenaires implacables dont les motivations et les exigences ne sont pas connues. Le roman suit la Présidente française et son entourage, confrontés à une crise violente et aux différentes trahisons de ceux qui vont essayer de profiter de cette situation et qui sont, parfois, directement ou indirectement, responsables des attaques. Entre pragmatisme, réalisme, lâcheté et petits calculs, chacun devra trouver sa place.
L’auteur sait à merveille, avec à une écriture simple et directe, mettre en résonance l’Histoire et les destins individuels de celles et ceux qui la subissent et la font vivre. Et c’est tellement réaliste, qu’on n’ose plus ouvrir sa fenêtre, de peur d’entendre voler un drone ! Ouf, ce n’était qu’une guèpe…"
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Jean-Marc ROYON Toussaint Noël Denoël - 18 €
"Tout s’effondre pour Toussaint Noël, flic sans envergure, la cinquantaine, à la découverte du corps sans tête de la petite Tsvetana. C’est la fin d’une lutte sans espoir pour faire la lumière sur cette hécatombe de jeunes suicidés, dans la banlieue sud-est de Paris. Neuf suicidés en moins d’un an, issus (à une exception près) des milieux les plus pauvres, trop jeunes pour se fondre dans les statistiques habituelles. Remercié après trente ans de service, sa hiérarchie trop heureuse de se débarrasser de cet agent encombrant d’obstination, Toussaint se retrouve face au vide de sa vie sans accroche. Jusqu’à ce qu’un mail anonyme réveille sa colère : « Noham, treize ans. Il s'est jeté dans la Marne. Repêché sous le pont de Joinville. C'est le dixième. Et toi, connard ? Ça se passe bien la retraite ? ». Avec un style cinglant, Jean-Marc Royon nous fait voir le monde à travers les yeux d’un ex-flic à la fois attachant et minable. Laideur de la banlieue, pourriture des hommes... : on est frappé de l’acuité de Toussaint, intrigué par ses ambivalences. L’enquête, jeu de piste saugrenu tout autant qu’errance existentielle, nous tient et nous trouble.
Un roman qui revient à l’enfance pour nous parler d’amour et de souffrance, d’un monde injuste où l’on se demande : à qui la faute ?"
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Hubert PROLONGEAU Le Poing armé de Dieu Seuil - 19,90 €
"Ce livre m’a rapidement happé et je ne l’ai pas lâché ! Hubert Prolongeau nous plonge dans les balbutiements de l’Eglise mormone, aux côtés de personnages réels tels que Joseph Smith, bien sûr, mais surtout son ami le plus proche et garde du corps : Orrin Porter Rockwell. À travers le regard d’Orrin, souvent naïf et dépassé par le charisme de son ami, on observe la formation d’un mouvement, des mythes originels à la mise en place très concrète d’une communauté et de son pouvoir. La violence est très fortement présente, avec beaucoup de conflits, menaces, armes à feu, assassinats, viols, séjours en prison. Orrin Rockwell suit Joseph Smith aveuglement et commettra pour lui les pires exactions. Le doute s’immisce rarement dans ses pensées et, quand c’est le cas, l’auteur montre avec finesse la reprise en main de Joseph Smith sur l’esprit de son garde du corps.
L’auteur a une écriture acérée, sans concession. Hubert Prolongeau retrace la mise en place de l’emprise sectaire d’un homme sur une communauté, en ne cachant rien de ses violences et de ses abus."
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Didier DAENINCKX Les maisons parachutées Gallimard- 20,50 €
"Cela faisait un petit moment que nous n’avions plus de nouvelles de Didier Daeninckx et voici que paraît en toute discrétion Les maisons parachutées, qui signe son (grand) retour sur le devant de la scène littéraire.
Ce roman, d’une qualité et d’une densité tout à fait exceptionnelles, s’inscrit non seulement dans la veine des romans qui ont fait le succès de l’auteur et marqué une génération, mais aussi parmi ses meilleurs textes.
Bref, un roman à ne pas rater pour les amateurs de (néo) polar, celui qui dévoile avec finesse, érudition et intelligence les dessous de l’Histoire et met en pleine lumière certains épisodes peu glorieux que d’aucuns auraient bien aimé voir oubliés à jamais…
C’est ce qui avait fait le succès de Meurtres pour mémoire en 1983 et c’est avec cette veine que renoue avec son talent habituel Didier Daeninckx dans Les maisons parachutées… Que dire de plus si ce n’est que c’est un livre à dévorer toutes affaires cessantes et dont vous ne sortirez pas indemnes... "
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Charlotte McCONAGHY Je pleure encore la beauté du monde Actes Sud - 9,90 €
"En ouvrant ce roman, on se retrouve plongé entre passé et présent, avec une plume capable de pousser les murs de l’intériorité humaine pour se mêler aux problématiques du monde actuel. Le message de l’autrice est transmis par les loups et il faut saluer les nombreuses recherches sur le sujet qui apportent énormément de réalisme au récit. Inti, la protagoniste, la ré-introductrice du loup dans les Highlands écossais, est une femme brisée de l’intérieur, en colère. Témoin de l’inhumanité des Hommes, mais aussi des hommes, elle est prête à se battre pour ses valeurs. Le roman suit plusieurs fils directeurs : on s’aventure dans le combat écologique lié aux loups, à la nécessité de la présence du prédateur dans la nature, mais aussi à la lutte des femmes contre la domination et les violences masculines. À travers l’image du loup, on retrouve donc une véritable allégorie de la domination masculine. L’homme craint le loup, et la femme craint l’homme. Ce roman va alors venir renverser ce rapport.Ce livre nous invite à participer au changement et à modifier notre regard sur le monde."
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Amine KESSACI Marseille, essuie tes larmes Le Bruit du Monde - 20 €
"Marseille, essuie tes larmes d’Amine Kessaci a tout de la tragédie antique mais c’est le reflet au plus prés du narco trafic à Marseille qui n’hésite pas à tuer pour un bout de rue, pour contrôler le marché, pour intimider. Long lamento d’un frère vivant à un frère assassiné, chant encore plus tragique puisque dans ce récit apparaît aussi un plus jeune frère, Medhi, assassiné lui aussi parce que ce livre a été publié. Sans complaisance, Amine Kessaci parle de sa douleur, de la tragédie qui touche sa famille et de sa dignité : celle de continuer à se battre, de refuser la stigmatisation des quartiers nord, celle de dénoncer les fausses solutions et de dévoiler leur démagogie ; la dignité de questionner pourquoi, en France, en 2026, la fête ne peut être vécue qu’avec une ligne de coke ou des drogues chimiques au prix de l’assassinat de ses enfants. Il rend surtout hommage aux mères mais aussi aux pères, à ceux qui sont présentés comme absents, alors qu’ils essayent de cacher leur humiliation et leurs larmes."
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Fred VARGAS Une unique lueur Flammarion - 23 €
"A ceux qui seraient lassés de la recette de Fred Vargas : passez votre chemin. On retrouve ici tous les ingrédients habituels : Adamsberg et ses errances, assisté de son équipe toujours aussi foutraque, renforcée de deux nouveaux éléments.
On rencontre également les personnages annexes, chers à l’auteure, notamment Sébastien de Charlus, flanqué de son chien Anselme, qui n’est pas sans rappeler Josselin de Chateaubriand de Sur la Dalle. Comme d’habitude l’intrigue est habilement ficelée, à condition de ne pas chercher de vraisemblance policière.
On suit les élucubrations rêveuses d’Adamsberg ou celles, plus cartésiennes et plus érudites, de Danglard. En « concile » (réunion d’équipe), chacun y met son grain de sel, on disserte philo, latin et cinéma en buvant les excellents cafés d’Estalère et en dévorant les gâteaux de Froissy. Le lecteur lui-même peut avoir le sentiment de faire partie de l’équipe.
Ah oui, le sujet : de très belles jeunes femmes, élégamment vêtues, sont assassinées et exposées avec délicatesse dans des endroits particuliers."
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Marie NEUSER L’île où je ne suis pas morte Le Rouergue - 22,50 €
"Daisy Rose a grandi sur une île des Hébrides, elle y retourne pour les funérailles de son père, mais l’angoisse la submerge à l’idée de replonger dans l’horreur de la Chose. Avec ses frères, pendant cinq jours, ils vident la maison et traversent ensemble les souvenirs de leur enfance. Dans chaque pièce vide, leurs échanges, leurs sentiments et leurs relations se décomposent et se recomposent au rythme des découvertes, des révélations et des prises de conscience. Les sentiments et les pensées de Daisy Rose sont décrits avec une sensibilité et une sensorialité extrêmement vives. Le livre est prenant. On est happé par la lecture de ce que vit Daisy Rose, par la manière dont elle lutte avec le souvenir traumatique de la Chose et par la volonté qu’elle a de retrouver et de maintenir le lien et la complicité fraternelle de l’enfance. L’écriture est fluide, il n’y a pas de pathos, juste de la profondeur, de la lumière et l’idée d’une possible résilience.
Quel bonheur de tomber sur un livre tel que celui-ci. Tout y est juste, sensible, sensuel, intelligent ! Un vrai régal de lecture."
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Patricia MELO Ceux qui ne sont rien Buchet-Chastel - 24,50 €
"Dans le centre de São Paulo, la place de la Matrice rassemble des personnes qui ont tout perdu, jusqu’à leur capacité de rêver. Le livre s’ouvre sur une scène impressionnante : Seno, employé d’une entreprise de nettoyage attachée à la mairie, est chargé d’arroser les rues, avec l’ordre d’éclabousser, « d’un simple coup de poignet », les cartons et autres sacs de ces malheureux. Question de « santé publique » ! Patrίcia Melo s’engage contre la présidence Bolsonaro dont les répercussions politiques et économiques ont amplifié les violences policières, la pauvreté, le démantèlement des structures de soin...
L’auteure donne voix à ces êtres humains au mieux délaissés, au pire maltraités ou assassinés. Avec grâce, l’écriture de Patrίcia Melo passe de l’intime à la critique sociale, pour évoquer la perte de liberté due à la misère. L’énumération de ces personnages auxquels, souvent, la rue donne un nom est impossible mais le lecteur les suit dans leur souffrance quotidienne, leurs pensées, leurs discours et leur espoir quand il n’a pas été anéanti par les exploiteurs mondiaux.
Un roman exceptionnel qui nous renseigne sur la tragédie du Brésil."
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Geoffrey LE GUILCHER Les Deux mégots La Goutte d’Or - 22,90 €
"En l’an 2000, Richard Alessandri est assassiné lors d’un home-jacking. Sa femme, Edwige, choquée et terrorisée, appelle les secours. Les gendarmes sont vite persuadés qu’elle a tué son mari, et vont mener une enquête à charge, négligeant les indices, déformant les témoignages. La présence de deux mégots de cigarette dans le jardin n’attire pas leur attention. Edwige est condamnée, à trois reprises. Geoffrey Le Guilcher va se pencher sur cette affaire et reprendre chaque pièce du dossier. Très vite, il acquiert la certitude de l’innocence d’Edwige et la preuve que l’enquête a été menée en dépit du simple bon sens. Aidé d’un détective privé, il va démontrer que des preuves ont été inventées, des propos déformés, des indices négligés, pour éviter aux gendarmes et à la justice de reconnaître leurs erreurs. C’est passionnant, énervant, déstabilisant. Passionnant par la progression des recherches, de la simple analyse des faits jusqu’à l’audition des témoins. Énervant parce qu’on découvre l’incompétence et la mauvaise foi des accusateurs. Déstabilisant parce qu’on finit par douter de l’impartialité du système judiciaire."
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Jacky SCHWARTZMANN Killing me softly La Manuf’ - 15,90 €
"C’est toujours un bonheur de lire un nouveau roman de Jacky Schwartzmann ! Alors quand Jacky s'empare de la figure d'un tueur à gages, préparez vous à en prendre plein les mirettes et à assouplir vos zygomatiques !!! C’est non seulement une grande réussite mais aussi une lecture indispensable dans un contexte un peu morose…
Killing me softly met en scène Madjid Müller, petit fils d’un ancien nazi réfugié en Argentine par son père et d’un haut dignitaire du FLN algérien par sa mère, tueur à gages de son état. Père de famille tranquille et rangé en apparence, Madjid enchaîne les contrats sans trop se poser de questions, jusqu’au jour où… tout va partir en cacahuètes…
Fidèle à sa marque de fabrique, Jacky Schwartzmann nous entraîne dans une cavale improbable à un rythme soutenu et dont les rebondissements ne manqueront pas de vous tenir en haleine et de vous donner la banane, bref, du bon, du très bon Schwartzmann, comme on les aime et comme on en redemande…"
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Mathilde BEAUSSAULT La colline Seuil - 19,90 €
"Un roman fort, sans concession sur la noirceur de l’âme, la précarité et la violence des hommes envers les femmes.
Monroe, à peine majeure, se vide de son sang sur un matelas posé au sol dans un appartement de Rennes. En bas de l’immeuble est découvert un nouveau-né dans un conteneur à poubelles. Par flash-backs, l’autrice nous présente Monroe enceinte, déposée (abandonnée) par sa mère chez sa grand-mère. La jeune femme, à peine consciente de son état, parle peu et dessine beaucoup. Auprès de sa grand-mère, lors d’une parenthèse heureuse, elle s’épanouit loin d’un foyer toxique. Le roman avance entre le temps présent de l’enquête et le temps passé de la grossesse ; dans un rythme soutenu de lecture qui va crescendo, car la vie de Monroe est en danger et qu’elle doit absolument être arrachée aux mains qui la retiennent. Bien qu’indéniablement dur et glaçant par moment, le roman est traversé de personnages profondément humains et de séquences d’une nature bienveillante, qui viennent contraster avec le béton sans espoir de la ville."
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Keigo HIGASHINO Le gardien du camprhier Actes Sud - 23 €
"Reito est devenu le gardien d'un camphrier particulier, un camphrier qui est bien plus que du bois et des feuilles. Il se niche au cœur de Tokyo, dans un sanctuaire où la légende dit que si l'on respecte un rituel précis, il est possible d’accéder aux pensées laissées par un être cher du même sang.
L'auteur nous plonge avec délicatesse dans la reconstruction des liens familiaux, dans l'apprentissage des traditions ancestrales.
Tout est lenteur, tout est délicatesse, tout est poésie.
Même si ce n'est pas une enquête policière, des énigmes se résolvent et surtout un jeune homme qui se croyait orphelin et sans culture, se construit et s'attache à découvrir les secrets de ce rituel si étrange. Sa tante Chifune, chef de la famille Yanagisawa et jusque-là inconnue de Reito, le guide dans cette quête familiale et spirituelle.
J'ai savouré cette lecture où l’on prend soin des arbres et de leur capacité à nous consoler. "
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Donald Ray POLLOCK Knockemstiff, Ohio Albin Michel - 22,90 €
"Knockemstiff est le nom de cette bourgade paumée de l'Ohio. Une ville désertée car tout sauf attractive, aux commerces fermés, et dont l'activité principale est l'usine à papier dont les fumées rendent parfois l'air irrespirable. Les plus chanceux l'ont fui depuis longtemps et seuls restent les pauvres bougres qui n'ont pas d'autre choix. Ce recueil est comme un retour d'acide ! C'est une galerie de portraits : chaque chapitre décrit l'absurde et violente histoire des âmes damnées de Knockemstiff. On y croise les fadas, alcoolos notoires, camés, violeurs, débiles et quantité de loosers magnifiques ! Des profils plus hauts en couleurs les uns que les autres : ils sont pathétiques et brutaux mais on les adore ! Pollock, dépeint brillamment, avec son écriture au cordeau et son humour noir, ces grands oubliés des États unis. Il nous écœure et nous émeut ; parfois on ne peut qu'éclater de rire. Pas de moquerie non, mais un tableau brut de décoffrage et malgré tout empathique de ces pauvres types analphabètes et mal en point, qui tournent en rond et rêvent d'ailleurs en restant fatalement agrippés à ce trou sordide. Si vous aimez les coups de poings, foncez !"
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