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Publié par blog813

La Sierra Leone, vous connaissez ?

Comment je connaissais la Sierra Leone ? Hé bien, quand j’étais ado, j’aimais jouer au jeu du bac et ce pays me rapportait toujours un point quand il fallait donner une capitale commençant par « F ». Après avoir lu le roman de Laurent Guillaume, j’en sais un peu plus sur la guerre civile qui a déchiré ce petit pays d’Afrique, riche de mines de diamants, entre 1991 et 2002, plus de 10 ans.

Tout commence en mars 1992 quand, dans une scène à la limite du supportable,  Neal un jeune garçon voit son village envahi par des rebelles qui pillent, tuent gratuitement, l’obligent à tuer son père puis l’enlèvent.

Il va faire partie des termites, enfants soldats. Il brillera par son adresse au fusil de précision et sa fureur au combat. Il sera bientôt un des favoris du colonel (chef de guerre de ce groupe rebelle), plus connu sous le sobriquet de bande à la guerre. On suivra les péripéties de cette guérilla, violente, meurtrière qui achète ses armes grâce  au trafic de diamant.

Parallèlement, de nos jours, Tanya Rigal qui travaille pour Mediapart se rend à une convocation de la police suisse ; son rendez-vous  a été retrouvé mort l’oreille perforée par un pic à glace. Meurtre qui se reproduira selon le même modus operandi, l’assassin tentant de mettre Tanya de son côté en lui fournissant des informations. Aidée par un gros bonnet de la CIA, une femme, Tanya va essayer de démêler l’écheveau criminel au cœur duquel elle se  démène. Ce sera elle l'enquêtrice.

C’est une page, triste page d’histoire réelle, à laquelle Laurent Guillaume nous convie avec ce roman très fort.

D’abord parce que le personnage de Neal, enfant soldat, est très attachant, quelles que soient les atrocités qu’il commette, victime ou bourreau. Le récit alterne entre ce passé douloureux et un présent où l’on suit Tanya à travers le monde. On se doute qu’il y a un lien entre le passé tumultueux et violent de la rébellion et la période actuelle. Tous ces meurtres ont un rapport avec ce qui s’est passé trente ans auparavant.

Avant tout un thriller, un tourne page, qui en compte près de 500.

Ensuite roman hyper documenté sur cette période trouble (une petite recherche vous montrera que pratiquement tout ce qui nous est raconté sur la Sierra Leone a bien eu lieu -y compris l’appel fait à des mercenaires pour combattre la rébellion). Un roman fort et parfaitement construit qui nous entraîne, un pavé que l’on dévore, on ne demande pas mieux.

Terminons par une citation : « Les choses allaient de plus en plus mal en Sierra Leone. Le gosse suivait le développement du conflit sur CNN. Mais les informations étaient parcellaires. En réalité, tout le monde s'en foutait de cette putain de guerre civile. Et puis c'était pratique, ça évitait de se poser la question de savoir si les diamants qu'on avait achetés à New York, Londres ou Paris, le cadeau qu'on avait offert à bobonne, étaient poisseux de sang. »  p.358

Merci Laurent Guillaume d’avoir attiré notre attention sur ce petit bout de terre d’Afrique occidentale.

Boris, le Facteur

Laurent Guillaume, Un coin de ciel brûlait,  Michel Lafon, juin 2021

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