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Publié par blog813

La Cathédrale engloutie : Jean Contrucci
"Cher Frédéric More,
Une amie m’a prêté un de vos anciens romans, « Un jour de notre vie, » paru en lire de poche. Au-delà des qualités d’écriture, j’ai été particulièrement émue par cette histoire d’amour dans laquelle chacun peut se projeter.
Merci pour tout cela, mais en dehors de mon ressenti de lectrice, je voudrais savoir si vous êtes le Frédéric More  qui vivait à Marseille dans les années soixante, grand amateur de musique et d’opéra, et fréquentait les jeunesses musicales de France
La cathédrale engloutie de  Debussy interprétée par Samson François vous rappelle-t-elle quelque chose ?
Et ce nom, Magnan, Claire Magnan ?
Si vous n’êtes pas celui que je crois, veuillez pardonner mon intrusion et cette lettre qui doit vous paraître incongrue. 
Croyez à la sincère admiration  d’une fidèle lectrice C ; Enjelvin,"
Frédéric More est un écrivain reconnu qui vit tranquillement à Marseille. Il gagne correctement sa vie grâce aux romans policiers qu’il publie sous le pseudonyme Lucky Stardust. Dans cette série à succès qui se déroule à Chicago, son héros, Arthur Rainbow (à prononcer avec un accent américain), qui a pour compagne la séduisante Bo Deller, affronte de méchants nazis comme Pol Verlein .
Célibataire, installé dans une routine bien établie, Frédéric habite  un petit appartement offrant  une vue magnifique sur le Vieux Port, loin de l’agitation parisienne et des exigences du milieu éditorial.
Le jour, il noircit des pages pour alimenter la série des Lucky Stardust. La nuit est réservée à l’écriture de ses propres romans.
N’en pouvant plus de devoir produire à la chaîne les aventures d’Arthur Rainbow, malgré l’insistance de son éditeur et de ses lecteurs, il décide d’arrêter la série après le 13ᵉ tome en tuant son héros, comme d’autres auteurs l’ont fait avant lui.
Un jour, il reçoit une lettre adressée à Frédéric More, une première, car d’habitude, seul Lucky Stardust reçoit du courrier de fans. Elle contient des détails et des secrets qu’il n’a partagés qu’avec Claire Magnan, son seul et unique amour de jeunesse, disparue il y a vingt ans.
Il est bouleversé, son cœur s’emballe : et si c’était elle ? Et si Claire voulait le revoir ? Mais en a-t-elle vraiment l’intention ?
 
Dans La Cathédrale engloutie, on retrouve tout ce qui fait la qualité des romans de Jean Contrucci : une écriture élégante et soignée, toujours agréable à lire, à laquelle l’emploi de l’imparfait du subjonctif confère un charme certain.
Il possède un sens de l’humour ironique, jamais blessant. S’il égratigne quelque peu un certain milieu de l’édition qu’il semble bien connaître, c’est principalement pour mettre en lumière les obstacles auxquels se heurtent les écrivains pour en faire leur métier.
 
Marseille, Jean Contrucci la porte en lui: il connaît son histoire, ses quartiers, leurs habitants et leurs récits. Au-delà du simple regard de journaliste, il en a saisi les nuances, les contradictions et les émotions, comme en témoigne le portrait attachant d’Angèle Mazet, « sa nounou : femme de ménage (eh oui, lui aussi ! 😀), mère nourricière et conseillère sentimentale ».
Il parvient toujours à surprendre en livrant de nouveaux témoignages sur la cité phocéenne. Mélomane averti et ancien chroniqueur littéraire, il donne  toujours de précieux avis
L’intrigue est construite de manière très subtile. Ce qui pourrait être le sujet d’un cosy romance — les amours contrariées d’un couple de jeunes gens qui se retrouvent 20 ans plus tard — se révèle être un excellent roman noir. 
Aux lecteurs de le découvrir.
Michel Barouh
N.B. Ce texte concerne la version revue et corrigée en 2024 chez HC Chopin (l'édition 1992 est épuisée)
La quatrième de couverture.
« La Cathédrale engloutie vous rappelle-t-elle quelque chose ou quelqu’un ? Et ce nom : Magnan, Claire Magnan ? »
Pour Frédéric More, un seul être au monde a pu écrire ces mots : Claire elle-même, dont l’amour illumina sa jeunesse dans le Marseille des années soixante. Il y a vingt-sept ans, il ne savait pas, en écoutant le célèbre prélude de Claude Debussy avec elle, qu’ils passaient leur dernière soirée ensemble. Or, voici que l’image de la jeune amoureuse surgit de l’abîme du temps, par le biais d’une lettre que Frédéric n’attendait plus.
Peut-on prétendre reprendre sa vie où on l’avait laissée un quart de siècle auparavant ? Frédéric More en est persuadé puisque La Bien-Aimée lui est revenue. Mais pourquoi retarde-t-elle l’instant des retrouvailles ? Que signifient ces faux-fuyants au téléphone ? Comment expliquer ces trous de mémoire dans la maille des souvenirs ? La vie, finalement, c’est ce qui vous arrive quand on avait prévu autre chose.
La Cathédrale engloutie est l’un des premiers romans de Jean Contrucci ; épuisé depuis de nombreuses années, il paraît ici dans une version revue et corrigée par l’auteur.
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