Films noirs pour la TV ou le ciné
Ch(è)r(e)s ami(e)s du noir,
Je continue l'exploration de séries TV Polar, de Films Noirs passés inaperçus, mythiques ou oubliés:
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La série TV Nestor Burma-Corrida aux Champs-Élysées (épisode 3 saison 1) avec feu Guy Marchand et la belle Natacha Lindinger en Hélène, la secrétaire, nous présente un Burma entouré de cadavres, trois au total. Du pur noir passif.
Plongé dans le monde du cinéma dans le 8ème arrondissement de Paris (métro Étoile ou Grand Hôtel), il rencontre des starlettes, des actrices jeunes ou anciennes, producteurs, techniciens et journalistes. La dernière séquence de ce téléfilm, comme les jeux de mots sur À bout de souffle, montre que la magie du cinéma continue malgré les trafics internationaux d’armes qui la cachent.
Mais, Burma retourne dans la nuit des Champs-Élysées, la plus belle des avenues, au volant de sa vieille Peugeot, avec au début un saxo et à la fin le générique du solitaire Burma qui, aura goûté aux Champagne d’une séduisante productrice, mais fidèle au whisky, à son saxo, son chat et sa voix off. Tel dans sa légende de détective privé du petit écran.
La série TV Nestor Burma : Le Soleil nait derrière le Louvre (épisode 1-saison 2-1992) avec feu Guy Marchand dans le rôle- titre et la belle Natacha Lindinger, est ,pour moi, le meilleur de la série car il aborde la relation du détective privé avec sa cliente, une femme fatale.
Celle-ci nommée Jenny est belle, jeune, une danseuse. « Il a cette fille dans la peau » dès la première rencontre, nous dit la secrétaire Hélène qui passera après Jenny. Pour Jenny : « Je ne sais plus où j’en suis » et Burma répondant « Moi aussi , rajoutant en voix off « Tombant de fatigue. Envoûté par son parfum ». Le plus beau des pièges » qui posera la question : « Tu vas m’oublier ? » mais s’avérant « une magnifique salope ». Seul, ne gardant que des souvenirs qui ont « une valeur sentimentale », Burma va avoir un blues dans son chemin solitaire. Ce qui est arrivé une fois au commissaire qui a dû arrêter la femme qu’il aimait dans une vieille histoire 20 ans auparavant mais dont le souvenir est toujours là.
Alors, oui, sur fond de maffia chinoise, Burma va enquêter dans le 1er arrondis-sement, au Louvre côté Seine, l’Opéra Garnier, le Musée d’Orsay, le Café de la Paix et les Jardins du Palais Royal.
Oui, il va enquêter dans le milieu de l’Art et croiser de riches marchands d’Art, des galeristes, faire des jeux de mots sur « nature morte » après avoir vu des cadavres. Toujours amateur de jazz, de whisky, séducteur et courant après l’argent.
Mais, « il suffit de penser à une femme idéale pour que la Vie vous rapproche d’elle ». Et à la fin en robe noire, rouge à lèvres avec des boucles d’oreilles, bracelets et les cheveux en chignon pour connaître le blues du détective que même sa secrétaire en imitant l’Idéale ne peut faire oublier. Noir c’est noir. Et oui, le soleil naît derrière le Louvre au petit matin pour le plus parisien des détectives. Et nous aussi.
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Le Polar à l’ancienne cinématographique Carson Phillips-Détective privé (The Poison Rose-2019) prévu pour le marché de la VOD, réunit des stars passées ou actuelles, avec John Travolta (Pulp Fiction, Palme d'or et d'honneur à Cannes) dans le rôle-titre, Morgan Freeman (Seven) et Famke Janssen (X-Men) qui est un hommage aux Films noirs de la grande époque avec le chat « Raymond » ou le nom de « Chandler » dans le film. Mais aussi, dès les premières images du film, qui se déroulent dans les années 70, dans un cinéma qui rediffuse le classique des Films noirs Le Faucon Maltais et une petite scène de danse de Travolta.
C’est un film dans la tradition, alternant des scènes d’action peu compliquées et une intrigue en pelotons de laine qui prend son temps jusqu’à la fin pour être élucidé.
En effet, le personnage du détective privé. Il boit des whiskies, fume, barbu, traumatisé en vivant d’affaires sordides. Surtout, il mène le récit à la première personne en voix off et revient ,20 ans après, dans sa ville natale, retrouver son premier amour, alors que la corruption a grandi à l’intérieur avec un caïd du Texas, Morgan Freeman « Je ne perds jamais ». Du trafic de drogues et de meurtres à la corruption des contaminations de pétrole, le film se conclut donc avec la protection d’une mère, Famke Janssen, vis-à-vis de sa fille car « une mère ne recule devant rien pour sauver sa fille » et la constitution d’une famille pour le détective solitaire qui dorénavant a « commencé à penser aux autres plus qu’à lui ».
Les ingrédients sont présents (hitmen, parties de poker, tripots, corruption organisée et belles femmes) et se laissent voir.
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Le mythique Film noir français Borsalino (1970-Paramount et Alain Delon) de Jacques Deray (La Piscine) avec Alain Delon (Le Samouraï, Le Cercle rouge) et Jean-Paul Belmondo (Peur sur la ville, Le Solitaire) et les très belles Catherine Rouvel, Corinne Marchand et Nicole Calfan, d’après le roman Bandits à Marseille de Saccomano accompagné par la musique iconique rétro du jazzman Claude Bolling que les orchestres jouaient partout où Delon passait, qui a marqué des générations de spectateurs.
Nous sommes en 1930, chapeau de rigueur (d’où le titre), à Marseille et nous assistons à l’ascension de deux bad boys opposés de le délinquance à la Pègre, en passant par la Mairie.
Deux personnages opposés qui s’unissent. Belmondo/ François Capella le bon vivant et Delon/Roch Siffredi l’arriviste qui ne supporte pas d’avoir de chefs et investit dans les objets d’Art et une demeure Art Déco.
Ils sont tout le temps tour à tour en vêtements en noir et blanc (costumes, costumes de bain, smokings). Le duo parfait. Où personne ne cherche à surpasser l’autre. Amitié à l’ancienne où la femme, est souvent soumise, est réduite au 3ème rôle. Hélas. Ma préférence ira à Delon avec son côté brun ténébreux aux yeux bleus et collectionneur.
Marseille et ses vieilles ruelles sont le troisième personnage et décors du film. Où la Pègre « les vrais patrons » règne et est partagée jusqu’à l’arrivée de notre duo de mauvais garçons.
Où tout n’est que trahisons (ouverture du film), tueries, coups, blessures, caïds, prostitution, cabarets, hôtels de passes, whisky et cigares.
Alors que nos deux voyous sont au sommet de leur gloire, et Delon plus classieux que jamais, le film s’arrêtera net sur la mort, qui devait arriver, de l’un sans fioriture et dans une mort anonyme qui arrêtera tout. Superbe.
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Le Film noir français oublié Borsalino and co (1974-co-production italienne, allemande et Alain Delon) de Jacques Deray avec Alain Delon dans le rôle- titre, reprend la même équipe que Borsalino (Catherine Rouvel, Lionel Vitrant et le petit rôle de Mireille Darc), sans le personnage de Belmondo qui meurt à la fin du premier, suite à la brouille qui l’opposa à Delon sur l’affiche. Delon, en tant que producteur, était prêt à faire toute une série de Borsalino, comme les Rocky de Stallone.
Ce film, et c’est celui que je préfère, par rapport à la fraîcheur du premier. Il conte une histoire plus noire. Une descente en enfer et un retour du personnage de Roch Siffredi, personnage le plus noir du duo avec toujours un thème mythique plus dramatique de Claude Bolling qui insiste sur la solitude du personnage marin de passage jusqu’à son retour à l’action.
Ici, l’ennemi et commanditaire de la mort de François Capella, est Volpone, italien d’extrême-droite, fidèle à Mussolini et Hitler, qui apporte la cocaïne à Marseille. La police sera alors corrompue.
Roch/Delon veut venger la mort de son ami et s’en prend alors à Volpone. Mais, « le monde tourne trop vite pour les solitaires » et malgré son combat, il finira clochardisé et alcoolique, et même enfermé dans un asile psychiatrique où il reprendra ses esprits et s’évadera pour revenir quatre ans plus tard, malgré son « Tuez-moi vite », et apporter la colère à Marseille.
Alors, avec les Italiens, des armes américaines (Delon proche du milieu sur les plateaux de ciné, jouant tour à tour des bandits ou des inspecteurs) portera de nouveau le costume noir et blanc avec Borsalino noir, très élégant, pour la vengeance et un Borsalino blanc pour l’Amour retrouvé.
Le film, toujours Art Déco avec un portrait de Delon façon de Lempicka, et moderne se termine par « À suivre… » . Mais, Borsalino 3 en Amérique ne verra jamais le jour.
Le film en version noir et blanc serait magnifique !!
Amicalement,
Marc Andriot,
Romancier Graphique du Neo-Noir