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Publié par blog813

Photo wikipedia

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Vendredi 22 mai, via la liste 813, j'ai reçu ce message de Pierre Faverolle : 

J'ai reçu cette triste nouvelle hier. Pascal Dessaint a partagé ce qu'il avait écrit pour un de ses romans. Ce serait bien de rendre hommage à cet auteur d'une gentillesse rare.

Tristement 

Pierre FAVEROLLE

 
Suivi d'un message de l'éditrice de Zinédi :
Subject: Gilles Vidal

Bonjour Pierre,

C'est avec une grande tristesse que je t'annonce le départ de notre ami Gilles Vidal pour d'autres rives. Il a été emporté par une maladie dégénérative précoce. Sa femme et sa fille étaient auprès de lui.
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Fabienne Germain

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Voilà ce qu'on trouve sur le site des éditions Zinédi : 

Gilles Vidal est l’auteur d’une quarantaine de livres : romans, récits, recueils de nouvelles et essais. Il est né à Kankan en Guinée et a passé toute son enfance à Toulouse. Après avoir été régisseur de spectacle, il ouvre une librairie à Paris (La Grande Fenêtre), puis crée dans les années 90 les éditions L’Incertain, publiant entre autres Richard Brautigan, Raymond Carver, John Fante ou encore Jim Harrison. Il anime ensuite diverses collections, notamment Nuit grave  chez Fleuve Noir. Il publie son premier roman à 24 ans, aux Éditions Galilée. Dans le domaine policier, il est l’auteur des Deniers du colt chez Baleine, de Nul si découvert au Castor Astral, de Cash Back à la Bartavelle noire, de Sombres héros à l’Atelier noir, des Portes de l’ombre aux Éditions Coups de tête, de Mémoire morte et du Sang des morts aux Éditions Asgard (ce dernier repris en poche chez Hélios noir), des Sentiers de la nuit aux Éditions du Jasmin, de De sac et de corde aux Presses Littéraires. Notice bibliographique dans le tome II du Dictionnaire des Littératures policières, de Claude Mesplède paru aux Éditions Joseph K.

Pascal Dessaint, cité par l'ami Pierre, et Thomas Bauduret qui a réagi à cette annonce et ont été sollicités.
Voici leur hommage
 
Commençons par celui de Pascal  

Parfois il y a le hasard de la vie, mais est-ce vraiment un hasard ? Je me souviens que sur une table d’une librairie à Toulouse je découvris un jour un livre de L’Incertain. Il semblait que des gens étaient assez fous pour publier des nouvelles d’auteurs français parfaitement inconnus. J’envoyai aussitôt mon recueil DE QUOI TENIR DIX JOURS, et très vite je reçus une lettre de Gilles Vidal. Commença alors une formidable aventure. Mon recueil parut en 1993 avec une préface de Jean-Paul Dubois. L’Incertain, une maison conduite par Gilles Vidal et son complice Grégoire Forbin, était sur une extraordinaire dynamique. L’Incertain publiait alors les poésies de Richard Brautigan, Raymond Carver, Jim Harrison… Nous avons fait deux livres ensemble, et puis le temps a passé. En 2014, Gilles Vidal m’a demandé d'écrire quelques lignes pour son roman LE SANG DES MORTS.  Les voici :

"Gilles Vidal est bon, et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement s'agissant d'un homme pour qui le goût pour Emmanuel Bove n'a d'égal que son amour pour les chats. J'ai connu Gilles Vidal dans des conditions particulières, car s'il me fait l'honneur aujourd'hui de m'inviter à écrire quelques mots à son propos, il fut d'abord l'éditeur de mon premier recueil de nouvelles, et cela remonte à vingt ans, comme on dit une paie. En même temps que se révélaient à moi un homme sûr et un ami fidèle, je découvris une œuvre ô combien tendre, insolite, poétique, pleine, évidente, en un mot honnête. Emmanuel Bove et sans nul doute aussi Raymond Carver auraient apprécié ses livres, et je pense là à "L'endroit le plus fragile du corps de l'homme", "Le malheur de nos vies" ou "Le plus dur reste à faire". Les titres à eux seuls laissent deviner un formidable tempérament. Gilles Vidal, cela fait maintenant quelque temps, traîne du côté du noir, à sa façon, avec la sincérité qui est la sienne, sans esbrouffe, avec un soin méticuleux. Cela ne m'étonne guère. Un auteur a bien le droit d'explorer différents territoires, de s'offrir toutes les aventures. Si on y regarde de près, Gilles Vidal a toujours pratiqué le noir. Gilles Vidal est libre. Gilles Vidal est un auteur. Et un homme que j'aime.”

Que dire de plus sinon que je suis dans une terrible peine.

Pascal Dessaint 

 

Laissons maintenant la parole à Thomas Bauduret, lui aussi très peiné : 

 

Gilles fut mon premier éditeur, enfin, le seul où il y avait un véritable contact avec un directeur de collection, loin de l'anonymat des " forçats de l'Underwood " du Fleuve Noir ou j'ai commencé (et j'en suis très content, mais à l'époque, on écrivait un peu dans le vide, il n'y avait pas tant de salons et les auteurs "populaires" étaient encore méprisés). Ce fut la première édition de La Première mort, mon polar amstelvellois qui a eu d'autres incarnations. L'équipe de La Bartavelle était plutôt sympa, j'y serais volontiers resté…

C'est Gilles également qui m'a appris les bases de l'auteur en salon, bases qui me servent encore aujourd'hui. Gilles m'avait plus ou moins commandé un autre roman sur foi des deux premiers chapitres, roman qui, du coup, n'a jamais vu le jour.

Passent les années et je me retrouve dans la place inversée pour ma collection chez Asgard (éditeur également défunt).

Ceux qui ont lu les deux romans que j'ai publiés de lui, Mémoires Morte et Le Sang des morts, comprendront que ce n'était certainement pas du copinage…

Ensuite, il est reparti dans son sud, moi dans mes Vosges et nos rapports furent distants par la force des choses.

Il restera pour moi mon modèle en professionnalisme (lors d'une dédicace au Salon du Livre, il a soufflé les éditeurs d'Asgard, lui qui semblait connaître tout le monde…)

Pour l'homme, ceux qui l'ont mieux connu mieux que moi en parlerons certainement mieux que je ne pourrais le faire.

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