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Publié par blog813

Le coup de ♥ de Françoise
Nouvelle venue dans cette rubrique, Françoise a accédé au CA de 813 en 2019, lors de notre AG de la BiLiPo. Elle nous présente son coup de ♥

07 07 07 Antonio Manzini, Denoël, coll. « Sueurs froides » 2020. Traduit par Samuel Sfez.

Décidément, depuis quelques années (décennies ?), les auteurs italiens nous enchantent.

C’est avec les aventures du sous-préfet Rocco Schiavone que nous avons fait la connaissance d’Antonio Manzini et nous avons le bonheur de découvrir son dernier opus traduit, et sobrement intitulé « 07 07 07 ». Non, il ne s’agit pas d’un espion, mais d’une date fatidique dans la vie de Rocco.

C’est peut-être ce qui s’est passé ce jour-là qui explique le caractère de cochon dudit sous-préfet. Encore que non, après tout : c’est déjà avec des mots doux du style « Qui me casse les couilles ? » qu’il répondait à son téléphone. Non, Rocco Schiavone, ce grand sensible qui sait se faire comprendre par les chiens, et notamment les rottweilers, en leur parlant, est un incorrigible grincheux, grognon, ronchon.

 

2013. Le lecteur qui connaît les précédentes aventures de Rocco sait pourquoi il est convoqué par ses supérieurs, obligé de les aider à comprendre pourquoi une femme est morte chez lui, à Aoste. Aoste, cette ville glaciale, cette froide et humide région de montagne qu’il déteste et où il a été muté, lui qui aimait tant Rome. Rocco a été heureux à Rome. Et c’est ce qu’il va raconter à ses supérieurs : sa vie à Rome ainsi que sa dernière enquête.

 

2007 : deux jeunes gens sont retrouvés morts, à quelques jours d’intervalle, deux garçons de bonne famille tués de la même manière. Très vite, le sous-préfet qui s’implique à fond dans cette affaire, va dénouer les fils de l’intrigue qui le mènent à un trafic de drogue international. Mais il faut avouer que le plus intéressant, c’est la vie quotidienne de Schiavone : peu sympathique quand il s’adresse à sa femme de ménage, drôle avec ses peu fréquentables amis d’enfance. Et surtout touchant dans son amour pour Marina, son épouse, la prunelle de ses yeux. Car Rocco aime Marina comme un fou, il ne peut pas vivre sans elle. Et pourtant…

 

Comme Camilleri, comme De Giovanni, Antonio Manzini s’appuie sur des enquêtes relativement classiques. Et même si ces dernières sont captivantes du fait de l’épaisseur des personnages, jusqu’au plus petit truand, on ne peut s’empêcher d’être bouleversé par la personnalité et la vie des protagonistes, en l’occurrence Rocco bien sûr, mais aussi Marina, sans oublier Gabriele le voisin de 16 ans, mi-idiot mi-surdoué et qui nous redonne le sourire.

 

Car Manzini, comme ses illustres aînés a un don : celui de nous faire essuyer une larme en refermant ses romans tellement nous nous sommes attachés à ses personnages.

Pour ceux qui ont lu les volumes précédents, ce dernier opus permet de comprendre le douloureux passé de notre héros. Pour les autres, il peut aussi bien s’agir d’une introduction à l’univers d’un auteur à côté duquel il serait bien dommage de passer.

 

Françoise Croville

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