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Publié par blog813

Pour changer du polar
Une fois n'est pas coutume, notre ami Thomas Bauduret donne un gros coup de ♥ pour une œuvre de Fantasy. Et avec talent.
‌Français, françaises. Belges, belges. Ziens, ziennes…

Souffrez que j'attirasse votre attention sur cette petite chose qui est en train de faire pas mal de bruit. De la Fantasy certes, mais comme il y avait en son temps "La SF pour ceux qui n'aiment pas la SF", ce pourrait être "La fantasy pour ceux qui n'aiment pas la Fantasy (moi-même déjà, n'en suis pas fan, tant les résumés ont tendance à se ressembler…)
Donc, qu'est-ce qui fait la différence avec les usineurs de nenelfes et de nonorcs au kilo ? Eh bien :
 *​ ​ L'univers. La période n'est pas médiéval-fantastique, mais XVIIIe avec une forte influence (avouée) de la révolution française, avec ses progrès technique (l'essor du livre, souligné en passant, l'usage d'armes à feu…) et ses guillotines. Normal pour un auteur qui s'inspire de Dumas et Hugo…
*​ ​Pas de manichéisme, tare originelle du genre. Il n'y a JAMAIS l'ombre d'un jugement sur l'un ou l'autre de ses personnages, pas de héros attribué par la prophétie de Mékou-yenchorte, d'ailleurs pas de véritable héros au sens classique, uniquement des humains avec leurs raisons d'agir comme ils le font, et on part du principe que le lecteur est assez intelligent pour se faire une opinion (même un personnage a priori générateur d'empathie s'avère être en fait une pure sadique), ce qui, avouez-le, est rare. Ce qui n'empêche l'auteur de glisser dans l'intrigue un vrai méchant glacial et flamboyant à la fois, dans la grande tradition du roman populaire. Quant à la guerre, en filigrane, elle est traitée comme une immense boucherie.
*​ ​ Pourtant, en dépit de ce contexte réaliste, on ne trouve pas juste un chouïa de magie : elle est omniprésente et connaît des gradations dans les pouvoirs, mais toujours traitée de façon "pratique", si j'ose dire, avec des applications directes et immédiates au  ​lieu de rester abstraite. Occasion d'ailleurs de scènes d'action épique digne des meilleurs blockbusters​,​ sans jamais prendre le pas sur l'élément humain. Même la vision des "​ ​dieux​ ​" qui apparaissent est d'une grande originalité et en même temps logique.
* ​ ​Pas de pavé indigeste de "construction du monde" s'étalant sur des pages et des pages, on le découvre au fil de l'action, et ce qui est suggéré est plus captivant encore.
 *​ ​ Les personnages, tous soignés jusqu'aux secondaires, parfois plus intéressants que les principaux. Ils ont un passif suggéré par petites touches et on peut parfois contester leurs décisions, quoique logiques (en gros, ils n'ont pas toujours raison parce que ce sont des héros.).
 *​ ​ L'un des personnages, l'ex-policier devenu inspecteur (détective privé, quoi, même si le terme, trop anachronique, n'est jamais employé) Adamat, évoque la grande époque des détectives de Gaboriau jusqu'à Maigret, par son obstination à découvrir la vérité, ses ressources et sa droiture morale inflexible (qui n'est jamais énoncée comme telle, mais pour qui veut sucer la substantifique moelle chère à Rabelais…)


Brèfle, une série qui change de la fantasy générique, mais qui pourra séduire ceux qui aiment les auteurs feuilletonistes précités, les personnages attachants, les intrigues riches ou tout simplement, les grands romans d'aventure ou romans populaires au sens noble du terme. D'autant que les trois tomes se tiennent parfaitement sans baisse de rythme au point de former une vraie fresque, même si chaque tome a sa conclusion en bouquet final.

Sinon, m'est d'avis qu'Avril sera rigoureux, mais ça n'a strictement rien à voir avec ce qui nous intéresse…
Si.

Thomas

 

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